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La Turquie perçue comme « un danger » par l’Europe mais « une opportunité » pour l’Afrique

ANALYSE - Aujourd’hui presque plus aucun média occidental ne dresse un tableau glorieux sur la Turquie. Si ce pays est souvent décrit comme « un danger » dans les sphères médiatiques européennes, le revers de la médaille est tout autre : la Turquie reste encore aujourd’hui l’un des principaux partenaires commerciaux des pays de l’UE. Toutefois face à la propagande médiatique anti-Turquie, le pays cherche actuellement à diversifier son marché et les autres continents du monde dont l’Afrique voient déjà en lui « une grande opportunité ».

Par Tuğçe Ateş, Öznur Küçüker Sirene


L’un des principaux partenaires commerciaux de l’UE

En 2016, la était le cinquième plus grand partenaire commercial de l’ (UE), selon les données de l’autorité statistique de l’UE publiée le 29 mars.

La Turquie est le cinquième plus grand marché d’importation avec une part approximative de 4% des importations globales de l’Union européenne.

Un Carrefour à Istanbul

Quant aux importations de la Turquie à partir de l’UE, elles s’élevaient à 78.01 milliards d’euros. Cela place la Turquie en quatrième position des destinations d’exportation de l’UE avec une part de 4.5% des exportations globales de l’organisation régionale.

Face à un rejet de plus en plus violent de la part de l’Europe, la Turquie cherche aujourd’hui à diversifier ses relations économiques et commerciaux.

Dans cet objectif, le président Erdoğan a récemment réalisé une tournée de cinq jours dans les pays africains d’Algérie, de Mauritanie, de Sénégal et de Mali avec une grande délégation d’hommes d’affaires et diplomates.

La Turquie souhaite maintenant avancer avec l’Afrique

« Nous voulons avancer avec l’Afrique alors qu’un nouvel ordre mondial est en d’être établi », a tweeté le président turc à la fin de son voyage.

Le voyage du président turc en Afrique la semaine dernière, qui l’a conduit en Algérie et dans trois pays d’Afrique de l’Ouest, n’est que le plus récent d’une série d’incursions africaines.

Erdoğan est toujours très chaleureusement accueilli dans les pays africains.

En décembre de l’année dernière, le président avait visité le Tchad, la Tunisie et le Soudan, signant un accord à Khartoum pour rénover un port abandonné sur la côte soudanaise de la mer Rouge. Ensemble, ils indiquent clairement que « le président turc a l’intention de poursuivre des opportunités de partenariats en Afrique qui renforceront le pays en tant qu’acteur régional et », a déclaré l’analyste Einat Elazari.

« Si Dieu le veut, nous augmenterons notre amitié dans tous les domaines et nous arriverons à un meilleur niveau en particulier en termes d’investissements », a déclaré Erdoğan.

Le président turc a ajouté les plans d’Ankara pour réaliser des projets conjoints avec la Mauritanie dans les domaines de la santé, de l’agriculture, des médias et de l’aide humanitaire.

Erdoğan a également confirmé que le renforcement de bonnes relations politiques et économiques avec le Sénégal serait l’une des priorités de la Turquie dans la période à venir.

La Turquie a mis l’accent sur les dimensions économiques en élargissant ses ambitions le long de la côte de la mer Rouge et dans le Sahel, en soulignant les avantages pour l’Afrique. « Les entrepreneurs turcs ont généré 78 000 emplois en Afrique et la valeur des projets entrepris par les sociétés de construction turques a atteint 55 milliards de dollars », a rapporté l’agence de presse turque Anadolu.

« Nous aimons l’Afrique et nos frères africains sans aucun préjugé », a ajouté le président turc, louant son accueil chaleureux lors de son voyage dans les quatre pays qu’il a visités.

Ankara cherche à étendre son influence en Afrique face aux tensions avec l’

Mais la dimension militaire de l’expansion de la Turquie inquiète certains pays du Moyen Orient.

« La présence turque dans les ports de la mer Rouge est une mauvaise nouvelle non seulement pour l’Égypte mais aussi pour l’ », explique Elazari.

Ankara cherche à étendre son influence en Afrique face aux tensions avec l’Egypte, où les appels à un boycottage public des biens turcs se multiplient.

Les liens entre Ankara et le Caire se sont tendus en 2013, lorsque le chef de l’armée égyptienne Abdel Fattah el-Sisi a renversé le premier président démocratiquement élu du pays, Mohamed , du mouvement des Frères musulmans.

Récemment, la Turquie et l’Egypte ont également été en désaccord sur l’accord de démarcation maritime de ce dernier avec Chypre dans une lutte potentielle sur les ressources dans la Méditerranée orientale riche en gaz.

Il suggère également que l’activité de la Turquie en mer Rouge représente une base potentielle pour une nouvelle alliance Turquie-Soudan-Qatar, en particulier en considérant leur soutien mutuel pour les Frères musulmans et leurs relations avec l’Iran.

Reste à savoir si des inquiétudes semblables seront suscitées par la tentative de la Turquie d’étendre son influence plus à l’ouest, au Sahel. Selon les médias, Erdoğan a tenu à parler de sécurité lors de sa visite en Mauritanie et au Mali la semaine dernière.

Comme les relations se détériorent avec l’Occident, beaucoup s’attendaient à ce que la Turquie se tourne vers l’Est. Mais pour l’instant cela ne semble pas se produire.

Nicholas Danforth, analyste au Bipartisan Policy Center, affirme que « l’Occident risque réellement de perdre la Turquie. Si cela n’a pas été le cas encore aujourd’hui c’est parce que les instances œuvres pour l’amélioration des relations entre la Turquie et les pays européens. »

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