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La Turquie ouvre une enquête sur l’évasion de Carlos Ghosn via Istanbul

TURQUIE / INTERNATIONAL - La Turquie a ouvert une enquête sur l’évasion étonnante de l’ancien magnat de l’automobile Carlos Ghosn du Japon, où il était poursuivi pour malversations financières, a annoncé jeudi le ministère de l’Intérieur.


s’est enfui du pour rallier le Liban avec une escale en Turquie.

Ayant ouvert une enquête sur ce transit à Istanbul, les autorités d’ ont interpellé plusieurs personnes. Sept personnes, dont quatre pilotes, en relation avec l’enquête ont été interpellées et placées en garde à vue. 

Plus tôt, les médias ont allégué que l’ancien patron de Nissan et Renault s’était enfui dans la capitale libanaise de Beyrouth via Istanbul. Les circonstances exactes de l’évasion audacieuse de Ghosn du Japon, où il avait été libéré sous caution en avril en attendant son procès après 130 jours de prison, restent obscures.

Une source présidentielle libanaise a déclaré que Ghosn avait atterri en Turquie avant un vol matinal vers le Liban. Le coup a laissé son avocat japonais Junichiro Hironaka abasourdi – Hironaka dit que les trois passeports du magnat restent au Japon.

Une allégation dans les médias libanais est que le magnat de l’automobile, qui possède des nationalités libanaise, française et brésilienne, est sorti de sa résidence de Tokyo dans un étui à instruments de musique – une histoire démentie par une source de son entourage.

Une source a déclaré que Ghosn avait été chaleureusement accueilli par le président Michel Aoun lundi après avoir atterri à Beyrouth via Istanbul et qu’il était maintenant d’humeur combative et se sentait en .

Le plan visant à faire sortir Ghosn du Japon, qui a marqué le dernier tournant d’une saga vieille d’un an qui a ébranlé l’industrie automobile mondiale, a été élaboré sur trois mois, ont déclaré les deux sources.

« Ce fut une opération très professionnelle du début à la fin », a déclaré l’un d’eux.

Lors de sa réunion à la présidence, Ghosn a remercié Aoun pour le soutien qu’il lui avait apporté ainsi qu’à sa femme Carole pendant sa détention, ont indiqué les sources. Il a maintenant besoin de la protection et de la sécurité de son gouvernement après avoir fui le Japon, ont ajouté les sources.

La rencontre entre Aoun et Ghosn n’a pas été rendue publique et un conseiller des médias au bureau du président a nié que les deux hommes se soient rencontrés. Les deux sources ont indiqué que les détails de la réunion leur avaient été décrits par Ghosn.

Le ministère libanais des Affaires étrangères a déclaré mardi que Ghosn était entré légalement dans le pays. L’appareil de sécurité générale du pays a déclaré qu’« il n’y a aucune mesure qui justifie de prendre des mesures contre lui ou de le poursuivre ».

« Il n’y a pas d’accord d’extradition entre le Liban et le Japon », a indiqué à l’AFP une source du ministère libanais de la Justice.

Bien que ce soit le cas, un expert en relations internationales a déclaré à l’AFP que « l’absence (d’une convention d’extradition) n’empêche pas en soi l’extradition d’un individu ».

« Mais certains Etats, dont le Liban, n’extradent pas leurs ressortissants », a ajouté l’expert.

L’ancien ministre libanais de la Justice, Ibrahim Najjar, a déclaré que si Interpol devait s’engager dans cette affaire, le nom de Ghosn serait communiqué aux autorités frontalières des pays membres en vue de son arrestation.

« Mais Interpol ne peut pas le faire arrêter de force ni imposer de décision au Liban », a-t-il dit.

L’expert en relations internationales a noté qu’un tribunal libanais pourrait juger Ghosn « s’il a commis un crime punissable par la loi libanaise » mais « le Liban ne peut pas juger une personne accusée de fraude fiscale commise dans un pays étranger ».

Arrêté à Tokyo en novembre 2018, Ghosn, qui insiste sur le fait qu’il fuit « l’injustice et la persécution politique », a été jugé en avril pour quatre chefs d’accusation. Des accusations d’avoir dissimulé dans des documents boursiers des revenus à paiement différé équivalents à 9,23 milliards de yens (74 millions d’euros) entre 2010 et 2018 valent deux inculpations à Carlos Ghosn.

L’ancien PDG de Renault-Nissan encourt jusqu’à 15 ans de prison et 1,25 million d’euros d’amende au Japon.

Egalement visé par deux autres inculpations pour abus de confiance, il clame son innocence sur toute la ligne et estime avoir été victime d’un coup monté.

Mais son départ, que sa ligne de a qualifié d’inexcusable, a mis le procès en suspens.

« L’équipe de défense a totalement perdu la face », ayant précédemment promis que Ghosn ne quitterait pas le pays, a déclaré à l’AFP l’ancien procureur Nobuo Gohara.

« Pour les procureurs, c’est une situation extrêmement grave. Nissan doit avoir peur. Et les procureurs aussi », a déclaré Gohara.

Le quotidien de Tokyo Shimbun a rapporté qu’« il y a une très forte probabilité que son procès ne se tienne pas ».

La France a également intenté une action en justice contre Ghosn en avril dernier pour présomption de faute financière, mais « sa fuite ne devrait pas avoir de conséquences sur notre enquête », a déclaré mardi à l’AFP le procureur français Catherine Denis.

Ghosn qui se trouve actuellement dans sa maison de Beyrouth avec sa femme, selon un ami de la famille, a promis de communiquer « librement » avec les médias « à partir de la semaine prochaine ».

L’écrivain et réalisateur libanais Lucien Bourjeily a publié un tweet ironique, déclarant que Ghosn « est venu pour le confort et l’efficacité d’un système judiciaire libanais qui n’a jamais mis un homme politique en prison pour corruption. »

Cela, dans un pays où la population est actuellement en contre une classe politique qu’ils considèrent comme vénale.

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