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La Turquie en faveur d’un dialogue avec la Grèce, met en garde contre un conflit « peu souhaitable »

MÉDITERRANÉE ORIENTALE - La Turquie a de nouveau appelé jeudi la Grèce à engager un dialogue concernant la Méditerranée orientale, alors que la tension dans la région atteint des niveaux alarmants, avertissant que toute autre option pourrait conduire à des conséquences « peu souhaitables ».


« Le dialogue au sujet de la Méditerranée orientale devrait être la première option », a déclaré le ministre de la Hulusi . « Sinon, des conséquences peu souhaitables pourraient suivre ».

S’adressant au bureau des rédacteurs en chef de l’Agence Anadolu, Akar a déclaré que la Turquie serait « ravie » d’accueillir des responsables grecs, si ces derniers étaient prêts à avoir des discussions dans les prochains jours.

Soulignant le désir répété de dialogue du pays, Akar a souligné que, malgré sa position en faveur de la paix, la Turquie était également déterminée à continuer de revendiquer ses droits dans la région.

« Les frontières de la Turquie sont claires en Méditerranée orientale. Nous avons averti de ce qui se passerait si vous les violiez », a-t-il dit, ajoutant que la puissance de la Turquie ne devrait pas être testée.

Le gouvernement turc conteste la revendication de la de droits exclusifs sur les eaux dans lesquelles travaille le navire de recherche, arguant que les îles ne devraient pas être incluses dans le calcul des frontières maritimes entre les pays.

Ankara conteste également depuis longtemps le forage unilatéral de l’administration chypriote grecque en Méditerranée orientale, affirmant que la République turque de Chypre du Nord avait également des droits sur les ressources naturelles de la région.

Le navire de recherche turc Oruç Reis effectue actuellement des recherches de pétrole et de dans la région, escorté par des navires de guerre. La Turquie a annoncé dimanche que le navire sismique continuerait ses travaux jusqu’au 27 août.

Dernièrement, la Turquie a publié un nouveau télex de navigation (Navtex) afin d’effectuer des exercices de tirs réels en Méditerranée orientale mardi et mercredi. La station d’ Navtex a fait cette déclaration jeudi, selon l’Office des forces navales turques pour la navigation, l’hydrographie et l’océanographie (OHNO).

Le pays avait également publié un autre Navtex dimanche, dont le but, selon Akar, était d’assurer la sécurité des forces navales turques en Méditerranée orientale lors de l’entraînement au large d’Iskenderun, dans le sud de la Turquie,

La Grèce avait alors critiqué cette annonce, publiant dès le lendemain un Navtex concurrent au sujet des exercices maritimes, ce qui a fait monter la tension dans la région.

Ankara a publié un autre Navtex jeudi, cette fois pour prolonger les activités du navire de recherche sismique Oruç Reis, accompagnant les activités des navires Cengiz Han et Ataman en Méditerranée orientale jusqu’au 1er septembre.

Ankara et Athènes invitent leurs alliés

Les déclarations d’Akar font suite aux développements de mercredi, au cours desquels les deux pays ont appelé leurs alliés respectifs à les soutenir, exhortant la communauté internationale à faire la médiation entre les deux.

Mercredi, la Grèce, avec la France, l’Italie et l’administration chypriote grecque, a lancé un exercice militaire conjoint de trois jours dans la région au sud de la Crète, tandis que la Turquie a mené des exercices avec la marine américaine à proximité.

« Les frégates turques TCG Barbaros et TCG Burgazada ont mené un entraînement maritime avec le destroyer américain USS Winston S. Churchill en Méditerranée orientale le 26 août », avait alors annoncé le ministère de la Défense dans un tweet.

Le ministère a également publié des photos de trois navires de guerre, dont deux turcs, le troisième battant les pavillons turc et américain. Il n’a pas précisé l’emplacement des exercices militaires, ni d’autres détails.

Le ministère turc de la Défense a également mené ses propres exercices avec un navire de la marine italienne mardi. Le même destroyer américain qui a participé aux exercices avec la Turquie a organisé lundi des manœuvres aériennes et maritimes avec la marine grecque au sud de la Crète.

La Turquie condamne la France

Dans le même temps, le soutien présomptueux de Paris à Athènes a suscité de vives réactions d’Ankara; le ministère des Affaires étrangères a publié jeudi un communiqué, affirmant que le déploiement de jets militaires français du côté grec de l’île de Chypre sous prétexte qu’ils organisent un exercice avec la Grèce et l’Italie allait à l’encontre des traités de 1960 sur Chypre.

« La France, qui n’est pas un État garant de l’île de Chypre, encourage le duo chypriote-grec, responsable des tensions existantes en Méditerranée orientale, à accroître encore les tensions de manière dangereuse », indique le communiqué. « Toutes les initiatives visant à exclure la Turquie et la République turque de Chypre du Nord seront vaines », a-t-il ajouté.

Auparavant, le Premier ministre de la République de Chypre du Nord, Ersin Tatar, avait qualifié la formation militaire conjointe à venir d’illégale. « Cet exercice est malhonnête et il est contraire au droit international. Où se situe l’Italie, où se situe la France géographiquement ? Comment peuvent-ils venir ici et assister à un exercice et revendiquer des droits ? », a-t-il demandé. L’exercice devrait commencer mercredi et se poursuivre jusqu’à vendredi.

Trump appelle Erdoğan et Mitsotakis

Les exercices militaires ont été suivis d’une série de pourparlers diplomatiques, alors que le président américain Donald Trump téléphonait mercredi au président Recep Tayyip Erdoğan et au Premier ministre grec Kyriakos Mitsotakis.

Lors de l’appel téléphonique, Erdoğan a rappelé à Trump que la Turquie n’était pas le pays qui créait l’instabilité en Méditerranée orientale. Il a souligné que la Turquie avait prouvé par des « actions concrètes » qu’elle souhaitait réduire les tensions et instaurer un dialogue sur la question.

Selon la Maison Blanche, le président américain a exhorté les deux alliés de l’OTAN à s’engager dans un dialogue au sujet de leur différend sur la Méditerranée orientale.

Mercredi, Erdoğan a déclaré lors d’une cérémonie de commémoration que la Turquie prendrait tout ce à quoi elle a droit dans la mer Méditerranée, la mer Égée et la mer Noire. « Nous ne ferons aucune concession », avait-il déclaré.

Le président a noté que, de la même manière que la Turquie n’avait pas de vues sur les territoires d’autrui, la souveraineté ou les intérêts d’autres pays, elle s’attendait à ce que les autres fassent de même pour la Turquie.

L’ demande un accord équitable

La ministre allemande de la Défense, Annegret Kramp-Karrenbauer, a également exhorté mercredi les pays à parvenir à un accord équitable.

« Cela signifie bien plus que des tensions entre pays voisins, cela influence notre coopération », a-t-elle déclaré aux journalistes après une réunion des ministres de la Défense de l’ à Berlin.

Selon Kramp-Karrenbauer, l’UE doit « travailler le plus vite possible à relâcher les tensions et les transformer en négociations ». La européenne vise à parvenir à « un accord équitable avec toutes les parties impliquées », ce qui implique un « processus difficile et complique », a-t-elle ajouté.

Kramp-Karrenbauer a également déclaré qu’elle était d’accord avec ses homologues de Grèce et de l’administration chypriote grecque sur le fait que les craintes d’une escalade involontaire devaient d’abord être désamorcées, afin de lancer des négociations politiques.

Les ministres des Affaires étrangères de l’UE devraient également discuter de la question jeudi et vendredi.

Lors d’une réunion avec le ministre allemand des Affaires étrangères Heiko Maas mardi, le ministre turc des Affaires étrangères, Mevlüt Çavuşoğlu, a exprimé sa volonté d’engager un dialogue avec la Grèce, mais a également objecté que cette dernière négligeait le droit international en aggravant les tensions régionales. La Turquie a également condamné Athènes pour sa recherche du soutien de l’UE dans le but de bloquer les efforts légitimes d’exploration énergétique d’Ankara.

Le secrétaire général de l’OTAN, Jens Stoltenberg, a également réaffirmé jeudi l’importance du « dialogue et de la désescalade » en Méditerranée orientale.

« Je suis en contact permanent avec la Grèce et la Turquie. Mon message est que la situation doit être résolue dans un esprit de solidarité et conformément au droit international », a déclaré Stoltenberg lors d’une conférence de presse conjointe avec la chancelière allemande Angela Merkel à Berlin.

« Le dialogue et la désescalade sont dans l’intérêt de tous », a-t-il ajouté. Le chef de l’OTAN a également salué les efforts de l’Allemagne pour « trouver une voie constructive » sur la question.

Merkel a pour sa part déclaré que l’Allemagne était mal à l’aise avec la tension entre les deux alliés de l’OTAN en Méditerranée orientale, et qu’elle discuterait des bonnes voies et opportunités à suivre à cet égard.

 

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