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Turquie : Les États-Unis quitteront-ils définitivement la base aérienne d’İncirlik ?

ANALYSE - Les analystes sont divisés sur la disposition des États-Unis à rester ou quitter définitivement la base aérienne turque d’İncirlik avant une éventuelle opération américaine en Syrie. Les États-Unis continuent de retirer des équipements militaires de la base aérienne d’İncirlik en Turquie, en plein milieu des tensions dans les relations bilatérales entre les deux alliés de l’OTAN.

Par Tuğçe Ateş


Selon certaines sources, le secrétaire général de l’OTAN, Jens Stoltenberg, a évoqué une possibilité de venir à Ankara pour avoir une possibilité d’utiliser la base aérienne d’İncirlik dans l’hypothèse d’une opération des États-Unis et de leurs alliés en Syrie.

Observant ces événements de près, plusieurs analystes sont divisés sur la question de savoir si l’allié turc de l’OTAN envisage d’y retirer définitivement ses forces si un refus de la s’annoncerait. Selon le tableau des experts, les décisions de Washington restent encore floues, mais certains ont déjà des estimations qui peuvent nous éclairer davantage sur la question.

İncirlik, une base militaire essentielle pour Washington

« Je ne pense pas que les États-Unis quitteraient la base définitivement », a déclaré Cahit Armağan Dilek, directeur de l’Institut de la Turquie du 21ème siècle, basé à Ankara.

Plus récemment, au début du mois d’avril, l’armée américaine a transféré un dépôt d’armes mobiles de 40 tonnes de la base d’İncirlik qui se situe au sud de la Turquie. Selon les médias turcs, il s’agit du troisième dépôt d’armes que les États-Unis ont retiré de la base.

Selon Dilek, les États-Unis cherchent simplement à bluffer la Turquie pour la faire agir conformément à ses souhaits et ainsi utiliser İncirlik comme un outil de chantage contre Ankara.

Les États-Unis ne penseraient pas à quitter une base militaire si bien située pour leurs interventions militaires et surtout bénéfique pour la collecte de renseignements dans la région du Moyen Orient, a expliqué Dilek.

En effet, l’emplacement d’İncirlik dans la province d’Adana permet aux États-Unis de surveiller de près la Méditerranée orientale, la Syrie, l’, la Jordanie, le Liban, Israël et l’.

Washington a nié à maintes reprises l’affirmation selon laquelle il a l’intention de retirer définitivement ses troupes de la base, qualifiant les spéculations de non fondées et soulignant l’importance d’Ankara en tant qu’allié de l’OTAN.

Erdoğan Karakuş, un ancien général de l’armée de l’air turque, ne pense pas que les États-Unis voudraient perdre İncirlik au motif que son utilisation dans les opérations régionales donnerait lieu à des répliques d’Ankara, même contraires à Washington.

En retirant définitivement leurs forces, les États-Unis perdraient non seulement la possibilité d’utiliser l’espace aérien turc, mais auraient également poussé Ankara vers la Russie, selon Karakuş.

Cependant, l’utilisation d’İncirlik par les Américains est de nouveau à jour suite aux nouvelles tensions entre les États-Unis et la Russie concernant l’intervention en Russie. Il est prévu que le secrétaire général de l’OTAN, Jens Stoltenberg, réalise lundi une visite officielle dans la capitale turque. 

« La question liée à l’utilisation de la base d’İncirlik en cas de début d’opérations militaires en Syrie sera discutée lors de la visite à Ankara de Jens Stoltenberg lundi », a déclaré le porte-parole du ministère turc des Affaires étrangères, Hami Aksoy.

Cependant, Moscou estime que l’objectif des déclarations de bombe au chlore dans la région de la Ghouta orientale en Syrie, est de protéger les terroristes et de justifier d’éventuelles actions externes.

La Turquie est membre de l’OTAN et alliée des États-Unis. Cependant, une alliance turco-russe a vu le jour depuis quelques années, renforçant l’alliance entre Ankara et Moscou comme jamais.

La Turquie ne souhaite pas voir ses partenaires s’affronter et tente actuellement d’être le médiateur entre les deux pays.

Ainsi, la décision de la Turquie s’annoncerait cruciale si les forces américaines et russes s’affrontaient en Syrie.

Interrogations au sujet des transferts permanents d’armes de la base d’İncirlik 

Le jour où les reportages sur le retrait de 40 tonnes d’armes de la base d’İncirlik sont parus dans les médias turcs, Johnny Michael, un porte-parole du Pentagone, a déclaré que de tels reportages visaient à renforcer le sentiment de méfiance entre alliés à une époque où une action commune était nécessaire.

Les médias turcs ont rapporté fin mars que l’armée américaine a retiré ses avions de chasse F-16, F-15 et A-10 d’İncirlik un jour avant que la Turquie lance une opération militaire transfrontalière le 20 janvier pour éliminer les terroristes dans la région d’ en Syrie.

Selon un publié le 28 mars par le quotidien Yeni Şafak, il ne restait que des avions-citernes, des drones et trois hélicoptères de l’armée américaine à İncirlik.

Nul ne nie que les liens bilatéraux entre Ankara et Washington ont été plutôt tendus au cours des dernières années principalement en raison du soutien militaire américain aux Unités de Protection du Peuple (YPG) et ses branches en Syrie, que la Turquie considèrent comme des organisations terroristes.

Murat Bilhan, vice-président du Centre turc pour les études stratégiques, basé à , voit dans les actions des États-Unis une indication que Washington a bien l’intention de quitter définitivement İncirlik.

Notant la perte de confiance entre les deux alliés de l’OTAN, Bilhan a déclaré: « Les États-Unis ne considèrent plus İncirlik comme un endroit sûr pour eux-mêmes et éliminent donc progressivement les éléments qui les rendent dépendants de la Turquie ».

Selon des responsables turcs, les États-Unis ont fourni aux YPG, utilisées comme force terrestre contre Daesh, un total de 5 000 chargements d’armes, y compris des véhicules blindés.

Ce soutien a fortement irrité Ankara, qui voit les YPG comme la branche syrienne du . Ce dernier est une organisation terroriste en lutte contre l’État turc depuis 1984.

L’apparente réticence de Washington à remettre Fethullah Gülen à Ankara est un autre point de friction dans les relations bilatérales, alors que la Turquie accuse le prédicateur turc d’avoir orchestré une tentative de coup d’État manquée en 2016 et qui a fait 250 morts.

Au milieu des tensions, les États-Unis sont même accusés par des médias turcs d’avoir soutenu le coup d’État avec des accusations selon lesquelles des officiers américains d’İncirlik auraient même participé à la planification du putsch manqué.

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