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La Turquie est déterminée à établir une zone de sécurité en Syrie, avec ou sans l’accord des États-Unis

TURQUIE / GUERRE EN SYRIE - La Turquie est déterminée à rétablir la paix dans le Nord de la Syrie par la mise en place d’une zone de sécurité et donnera suite à ce plan, indépendamment de l’appui des États-Unis.


Si les efforts pour trouver un terrain d’entente avec les États-Unis s’avèrent infructueux, la devra créer seule une en Syrie, a annoncé vendredi le ministère des Affaires étrangères. Les négociations sur la question se poursuivront avec la délégation militaire américaine attendue en lundi prochain, a déclaré le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Hami Aksoy, lors d’une conférence de presse.

« La Turquie souhaite la création d’une zone de sécurité de 32 km dans le Nord de la Syrie, conférant à la Turquie le contrôle de cette région, qui doit être libérée des Unités de protection du peuple (), branche syrienne du PKK », a-t-il déclaré.

Aksoy a ajouté que tous les aspects de la zone de sécurité et du conflit syrien avaient été abordés lors de la récente visite en Turquie de James Jeffrey, émissaire américain pour la coalition anti-. Mais Aksoy a averti que la patience de la Turquie était limitée, ajoutant: « Nous ne laisserons pas ce processus se prolonger indéfiniment. Si nos attentes ne sont pas satisfaites, nous sommes tout à fait capables de prendre toutes les mesures [nécessaires] pour assurer notre sécurité nationale », soulignant que la Turquie voulait éliminer tous les éléments terroristes de la zone et établir un « corridor de paix ».

Une délégation militaire américaine doit se rendre en Turquie afin de discuter de cette zone de sécurité

Il a également été annoncé qu’une nouvelle délégation militaire américaine viendrait en Turquie le 5 août pour poursuivre les négociations en vue de la création de cette zone de sécurité en Syrie.

Les États-Unis ont lié des partenariats avec les Forces démocratiques syriennes (SDF), organisation du Nord-Est de la Syrie engagée dans la lutte anti-Daech. Le SDF est dirigé par les YPG, branche syrienne du PKK, organisation terroriste reconnue comme telle aux États-Unis et en Turquie.

En juillet, Jeffrey et le ministre turc de la Hulusi Akar se sont rencontrés à , et ont convenu de créer une zone de sécurité dans le nord de la Syrie. Mais les alliés de l’OTAN n’ont pas réussi à se mettre d’accord sur les détails de la proposition. Akar a également informé son homologue américain via un appel téléphonique que la Turquie attendait des que ces derniers cessent complètement de soutenir le PKK et les YPG.

Akar a déclaré que la Turquie serait obligée de créer sa propre zone de sécurité si les pays ne parvenaient pas à trouver un terrain d’entente, selon un communiqué publié lundi par le ministère de la Défense nationale.

La Turquie s’oppose fermement à la présence des YPG à , ce qui a constitué un point de blocage majeur dans les relations difficiles entre la Turquie et les États-Unis en raison de l’appui de ces derniers au YPG sous prétexte de combattre Daesh. Les États-Unis ont ainsi dispensé une formation militaire et fourni des camions de soutien militaire au YPG, en dépit des préoccupations de son allié en matière de sécurité. Afin de réduire les tensions, la Turquie et les États-Unis se sont mis d’accord sur une en juin 2018 prévoyant le retrait des YPG de Manbij et la mise en place de patrouilles conjointes turco-américaines, qui ont débuté en novembre. Cependant, le processus a été ralenti car le groupe terroriste était toujours présent dans la ville malgré le calendrier de trois mois prévu pour la mise en œuvre de l’accord.

Ankara souligne que cela ne permettra pas aux YPG de renforcer leur emprise en Syrie. La Turquie est également disposée à lancer une opération à l’est de l’Euphrate afin d’éliminer les YPG. Cependant, à la suite de la décision américaine de se retirer de la Syrie, Ankara a décidé de suspendre l’opération. L’établissement d’une zone de sécurité éliminerait certaines des préoccupations de la Turquie, mais la présence du GPJ en Syrie et son projet de formation d’un quasi-État continueront de représenter une menace pour le pays.

Jusqu’à présent, la Turquie et les États-Unis n’ont pas discuté en détail de la zone de sécurité et de ce qu’il adviendrait des militants des YPG. Les autorités turques attendaient que les États-Unis clarifient ce qu’ils entendaient par « zone de sécurité » et prennent des mesures plus concrètes alors que, de son côté, la Turquie a mené deux opérations transfrontalières à l’ouest de l’Euphrate, l’Opération Bouclier de l’Euphrate lancée en août 2016 et l’Opération Rameau d’Olivier en janvier 2018, visant à chasser des groupes terroristes, dont les YPG et Daesh, de ses frontières.

Les désaccords sur la zone de sécurité bloquent sa mise en place, selon les États-Unis.

D’un autre côté, des désaccords sur la portée d’une zone de sécurité dans le nord-est de la Syrie et d’autres problèmes empêchent sa mise en œuvre, a annoncé jeudi dernier l’envoyé du président américain Donald auprès de la coalition anti-Daech.

« Les Turcs veulent une zone plus profonde que celle qui, à notre avis, a du sens », a déclaré James Jeffrey à la presse au département d’Etat, soulignant que Washington proposait une zone de 5 à 14 kilomètres le long de la frontière syrienne avec des armes lourdes positionnées plus en arrière.

Il a en outre mentionné des « divergences d’opinion » non spécifiées sur la manière dont les Etats-Unis et la Turquie « opéreraient dans cette zone ».

« Nous pensons que c’est un accord que nous pouvons faire accepter aux habitants du Nord-Est de la Syrie. C’est très important », a-t-il déclaré.

Jeffrey a ajouté que les États-Unis étaient conscients des préoccupations de la Turquie en matière de sécurité concernant le « PKK et ses ramifications », mais s’engagent « de la même manière » à protéger le principal partenaire américain du Nord-Est de la Syrie contre toute attaque. « Nous sommes attachés à ce que ceux qui se sont battus avec nous ne soient ni attaqués, ni blessés par personne« , a déclaré Jeffrey. « Cela inclut nos préoccupations concernant les Turcs ».

Les Nations Unies appellent à un terrain d’entente concernant la zone de sécurité en Syrie

Dans le même temps, le Secrétaire général des Nations Unies, Antonio Guterres, a appelé jeudi les Etats-Unis et la Turquie à négocier un plan convenu d’un commun accord, visant à créer une zone de sécurité dans le Nord-Est de la Syrie.

« Nous encourageons vivement toutes les parties à s’entendre pour éviter de nouvelles formes de confrontation », a déclaré Gutteres en réponse aux questions concernant les propositions de zones de sécurité dans la région.

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