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Turquie : Le 15 juillet reste gravé dans la mémoire du peuple, trois ans après

TURQUIE / 15 JUILLET - Trois ans après la tentative de coup d’État survenue en Turquie, cette dernière reste toujours vivement présente à l’esprit du peuple turc, considérant cet événement comme l’un des jours les plus catastrophiques pour le pays, certains le définissant même comme une « apocalypse ».


Il ne fait aucun doute que la tentative de coup d’État sanglante du 2016 a été, dans l’ récente de la Turquie, l’un des défis, et peut-être même le plus important, auquel la République ait été confrontée. Les chiffres officiels de cette nuit et de ses conséquences révèlent à eux seuls 251 civils tués. Par ailleurs, des milliers de personnes accusées d’avoir des liens avec le groupe terroriste güleniste (), qui a soutenu le coup d’Etat, racontent l’importance de cette nuit dans l’ de la République.

La véritable histoire du 15 juillet, cependant, réside dans la mémoire des gens ordinaires, en particulier des jeunes, qui se souviennent encore de l’évolution choquante des événements et définissent la journée comme « l’apocalypse du pays ». « Je me souviens de chaque détail de cette journée », a déclaré Mehmet, âgé de 35 ans, qui se rappelle être sorti, à l’origine pour passer une soirée ordinaire avec ses amis à , au cœur d’.

« Normalement, à Taksim, des forces de sécurité auraient du être présentes. Cependant, je me suis rendu compte qu’il n’y en avait aucune, ce qui m’a semblé suspect, à moi et à mes amis. Nous avons cru, à ce moment, qu’il y avait eu un appel à la bombe ou quelque chose du genre », a déclaré Mehmet, ajoutant qu’il n’y avait pas prêté beaucoup d’attention à ce moment-là. Cependant, la nuit paisible de Mehmet n’a pas duré longtemps, lorsqu’un ami l’a appelé pour l’informer qu’il y avait eu une tentative de coup d’État.

« A ce moment-là, je me suis écrié : »Quoi? Un coup d’Etat? A notre époque !? », raconte Mehmet avec excitation, se souvenant de ces moments. Le choc de Mehmet était en fait un sentiment très général, en particulier parmi les jeunes générations du pays, tandis que les anciens exprimaient le même ressenti en se remémorant le jour sombre.

« Quand j’ai appris qu’il y avait un coup d’Etat, j’étais sous le choc. Je me suis soudainement sentie très impuissante. Je n’aurais jamais pensé qu’une telle chose pouvait se produire. Pourtant, çà a vraiment eu lieu ! », a déclaré Neslişah, âgée de 25 ans.

En dépit de la surprise de la jeunesse, la Turquie n’est en réalité pas étrangère aux coups d’État puisque leur nombre s’est élevé à quatre depuis 1960. Cependant, le dernier en date a eu lieu en 1997, alors que Mehmet n’était qu’un enfant et que Neslişah n’avait que trois ans. Le coup d’Etat est également différent de ceux du passé, lui donnant le qualitif de « coup d’État post-moderne », car il n’y avait pas de soldats qui se promenaient et prenaient le contrôle des lieux. Au lieu de cela, le coup d’Etat a eu lieu via une série de « recommandations » de l’armée au gouvernement de l’époque.

Après les années 1990, les choses semblaient plutôt dans une accalmie relative, en particulier après la montée du Parti de la justice et du développement () au pouvoir, qui a créé une ambiance rassurante dans l’esprit des gens, intégrant l’élimination des coups d’État dans la politique du pays. C’est pourquoi, lorsque le 15 juillet est arrivé et qu’il a été révélé qu’il s’agissait vraiment d’une tentative de coup d’Etat, des vagues de choc se sont propagées très rapidement dans tout le pays.

« Quand j’ai finalement compris que c’était vraiment un coup d’Etat, j’ai décidé de rentrer chez moi. Sur mon chemin, j’ai croisé des qui faisaient de l’auto-stop et qui avaient peur. Je les ai accueillis dans ma voiture. Cependant, peu de temps  après, des soldats conspirateurs m’ont arrêté et ne m’ont pas permis de continuer. J’ai donc dû continuer à pied », a déclaré Mehmet.

Pour Mehmet, les jours qui ont suivi ont été remplis de tristesse, de surprise et de difficultés. Dès le lendemain du coup d’Etat, il a dû assister aux funérailles de son voisin, tué lors de la tentative de coup d’Etat. Il a dû ensuite laisser derrière lui son état de choc et commencer à participer à des activités publiques spécifiques qui ont duré quelque temps après la tentative de coup d’Etat, représentant la victoire du peuple.

« C’ÉTAIT COMME UNE PAUSE AU FLUX NORMAL DE VIE »

« Si les choses n’étaient pas restées comme avant, ma vie se serait effondrée. L’espace d’un instant, je me suis senti très menacé », a déclaré Mehmet en se rappelant son ressenti.

De l’avis de Neslişah, cette journée a été comme « porter un coup dur à la routine » habituelle de la vie, la maintenant « en suspens », d’une manière ou d’une autre.

« Je pensais que mon avenir m’était enlevé », a-t-elle déclaré. Se souvenant du lendemain de la tentative de coup d’État, Neslişah a déclaré qu’elle n’avait jamais vu une telle ambiance à Istanbul.

« J’étais chez un membre de ma , je devais donc quitter la maison pour rentrer chez moi. Cependant, je me sentais très nerveuse et je ne pouvais me résoudre à quitter la maison. Et quand je suis finalement sortie, je me souviens avoir vu la peur dans les yeux des gens, un reflet de quelque chose d’inoubliable qui venait de se passer. Je me souviens avoir vu des chars partout et avoir ressenti des frissons dans tout mon corps », raconte-t-elle d’une voix tremblante.

Pour Kaan (26 ans), la journée a ressemblé à une « apocalypse pour le pays ». Kaan raconte qu’il se sentait nerveux au début. Puis, lorsqu’il a vu le président Recep Tayyip Erdoğan s’adresser à la télévision, il s’est senti détendu et confiant. « Je pensais que le gouvernement était en d’agir, à ce moment. J’ai trouvé le discours du président très efficace », a-t-il déclaré.

« Je suis resté éveillé toute la nuit. Je me suis inquiété pour mon avenir et mes proches, qui étaient peut-être en danger à ce moment-là », a déclaré Kaan, ajoutant que cela faisait seulement un mois qu’il avait commencé son premier emploi quand tout s’est produit. « Je me suis demandé si je pourrais aller au travail lundi. Je me suis dit: « Bon sang, c’est bien ma veine! », raconte-t-il, soulignant qu’il s’est senti effondré et désespéré pendant un certain temps.

Ce qui a redonné à Kaan confiance en lui et l’a assuré qu’il n’y aurait plus de coups d’Etat a été le limogeage de tous les groupes et les fonctionnaires qui auraient pu causer une telle menace dans le futur.

Depuis que la tentative de coup d’Etat a été réprimée, des milliers de personnes sont détenues ou ont été arrêtées pour leurs liens avec l’organisation terroriste FETÖ, ayant activement participé à la tentative de coup d’État. Le ministère de l’Intérieur a récemment annoncé que 30.709 personnes avaient été arrêtées pour leurs liens avec FETÖ à la suite de la tentative de coup d’État et que 19.329 autres personnes avaient été reconnues coupables d’adhésion à FETÖ et de crimes connexes.

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