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La tolérance européenne envers le PKK a provoqué l’augmentation des menaces terroristes en Europe

ANALYSE - Ignorant les avertissements d’Ankara au sujet du terrorisme du PKK, l’Europe a permis la croissance du groupe, qui provoque maintenant le désordre dans les villes de l’UE.


L’indulgence exprimée aux sympathisants et aux membres de l’organisation terroriste par de nombreux pays européens au fil des années a finalement donné aux militants le courage nécessaire pour intensifier leurs attaques violentes contre les Turcs et la communauté turque au sens large.

Le PKK, un groupe reconnu comme terroriste par la , l’UE et les États-Unis, a eu une présence significative en Europe pendant des décennies. C’est en Europe que le groupe a trouvé son principal terrain de financement et de recrutement.

Au fil des années, les gouvernements européens ont préféré tolérer les manifestations non-violentes des militants et sympathisants du PKK, même s’ils le reconnaissaient comme un groupe terroriste. Dans une déclaration récente, l’Initiative de la Jeunesse Apoïste a déclaré ouvertement qu’elle transformerait chaque centre-ville de l’Europe en cendres. Cela démontre l’erreur d’assimiler les activistes socialement conscients pratiquant leurs droits démocratiques aux sympathisants et militants qui font la promotion des groupes terroristes.

Manifestation des partisans du PKK à en France avec les posters du leader emprisonné du PKK, Abdullah Öcalan

Stratégie d’escalade de la violence en Europe

L’Initiative de la Jeunesse Apoïste, dont le nom est inspiré par le dirigeant emprisonné du PKK Abdullah Öcalan, n’est qu’un groupe affilié au PKK en Europe, ciblant les Turcs et la communauté turque.

En réponse à l’opération « Rameau d’Olivier » de la Turquie lancée le 20 janvier contre les affiliés syriens du PKK, les Unités de protection du peuple (YPG) à , en Syrie, l’escalade a été immédiate.

Les données récemment rassemblées par la Fondation pour la recherche politique, économique et sociale (SETA) ont montré que les attaques contre les établissements de la communauté turque par les partisans du groupe terroriste PKK dans les villes européennes ont augmenté de plus de 500% cette année.

Les données montrent qu’au cours des trois premiers mois de 2017 – du 1er janvier au 15 mars – il y a eu sept attaques violentes contre des missions diplomatiques turques, des ONG et des mosquées.

Pour la même période en 2018, cependant, les attaques ont connu une augmentation de 589%, avec 61 attaques commises jusqu’à présent sur des établissements administrés par des Turcs en Europe.

Parmi les attaques en 2017, six attentats ont eu lieu en Allemagne, un en , un en Suisse et un en Suède.

Dans ses attaques, le groupe cible fréquemment les mosquées, les associations de la société civile et les entreprises appartenant aux Turcs européens. La gravité des attaques a varié de dégâts matériels tels que des graffitis sur les murs, à lancer des cocktails Molotov, incendier des lieux et attaquer des personnes.

Cette année, 42 attaques ont été enregistrées en Allemagne, 6 en France, 5 aux Pays-Bas, 3 en Suisse, 1 en Autriche et 1 en Grèce, en Suisse, au Danemark, en Irlande et au Royaume-Uni contre les cibles turques.

L’attentat contre la mosquée Koca Sinan dans la capitale allemande de Berlin a eu lieu le 10 mars au lendemain d’une nouvelle attaque contre une autre mosquée en Allemagne. La mosquée Akşemsettin à Lauffen dans le Bade-Wurtemberg a également été la cible d’un cocktail Molotov.

La mosquée Koca Sinan incendiée par le PKK en Allemagne

Dans l’un de ces récents incidents, les partisans du PKK ont pris d’assaut un bâtiment du Parti social-démocrate d’Allemagne (SPD) à Francfort dans une campagne de dénigrement contre l’opération de la Turquie en Syrie. Un groupe de 50 sympathisants du PKK / YPG se sont rassemblés devant le bâtiment du SPD pour protester contre la Turquie, tandis que certains ont pris d’assaut le bâtiment et ont accroché des banderoles sur lesquelles on pouvait lire « Afrin libre ». Selon les médias allemands, les sympathisants du groupe terroriste ont exigé que le SPD « présente une position claire contre l’opération à Afrin et la fin des ventes d’armes allemandes à la Turquie ». Le groupe du SPD à Hambourg, en Allemagne, a également été attaqué en février par le PKK pour protester contre « l’implication » de l’Allemagne dans l’opération dans la région d’Afrin via des ventes d’armes à la Turquie.

En Italie, tout au long du mois de mars, les partisans du PKK ont protesté contre les accords militaires de l’Italie avec la Turquie en brûlant une réplique d’un avion de guerre devant la compagnie de défense Leonardo-Finmecanica basée à Turin. De même en Grèce, les sympathisants du PKK ont lancé des cocktails Molotov sur la police grecque devant le consulat turc à Thessalonique, qui étaient stationnés pour protéger le bâtiment du consulat.

Le Royaume-Uni a également vu une augmentation des activités du PKK contre l’ordre public. Le 11 mars, dans deux des plus grandes villes du Royaume-Uni, Londres et Manchester, les sympatisans du PKK ont occupé les gares et retardé les services ferroviaires, scandant des slogans contre la Turquie et brandissant des affiches du leader emprisonné du PKK, Abdullah Öcalan.

Une attaque similaire s’est également produite aux Pays-Bas, lorsque les partisans du PKK ont occupé une gare à Utrecht le 31 janvier.

Citoyens européens préoccupés par la violence du PKK

Cependant, la recrudescence des attaques, conjuguée à l’absence de mesures efficaces contre le groupe par la plupart des États membres de l’UE, a soulevé des problèmes de sécurité tant pour les Turcs que pour les non-Turcs.

« Il n’y a pas de précautions prises », a déclaré Levent Taşkıran, qui est originaire de la région allemande de Cologne et président de l’Association des étudiants et universitaires turcs.

Taşkıran a ajouté que le manque de précautions efficaces affecte également l’ordre public. « L’ordre public est en danger, en particulier pour les Turcs en Allemagne », a-t-il souligné.

Selon un rapport récent des médias allemands, basé sur des informations du ministère allemand de l’Intérieur, 37 attaques ont ciblé des établissements turcs en Allemagne cette année alors que l’année dernière le nombre d’attaques était de 13. Parfois, il y avait des divergences entre les chiffres officiels et les données compilées par des organisations non étatiques en raison des variations dans les définitions utilisées pour le et la violence.

« Qu’il s’agisse des ambassades turques, des clubs de l’AKP comme l’Union des démocrates européens turcs (UETD), les fascistes turcs, leurs boutiques et cafés ou des institutions publiques [allemandes] (SPD / CDU, police, tribunaux), ceux qui soutiennent la guerre contre notre peuple et la défend devra payer pour cela », a déclaré le groupe des Apoïstes (sympathisants du leader du PKK Abdullah Öcalan emprisonnée en Turquie) dans sa déclaration.

Le porte-parole du ministère de l’Intérieur a déclaré au groupe Funke Media que ces chiffres pourraient bientôt augmenter.

Il y a une croyance répandue que l’escalade dans les attaques du PKK a été causée en grande partie par la tolérance montrée aux démonstrations du groupe dans le passé. La Turquie a sévèrement critiqué les gouvernements européens, en particulier les gouvernements allemands, pour avoir toléré des rassemblements où des symboles du PKK, des affiches et d’autres symboles sont ouvertement exposés.

Une adolescente turque décédée suite aux brûlures après un cocktail Molotov lancé par le PKK dans un bus public

« En dépit d’une vision du monde de gauche, je suis opposé aux attaques sur les lieux où les gens pratiquent leur religion », dit Cemal İnan, un Kurde de Hambourg, qui vit dans le pays depuis les années 1970.

İnan affirme que les gouvernements allemands ne devraient pas permettre que des symboles interdits du PKK soient utilisés dans des rassemblements de masse, car c’est un groupe interdit par les lois européennes et ses symboles sont également interdits en Allemagne.

L’Allemagne, qui compte environ 3 millions d’immigrants en provenance de Turquie, a classé le PKK comme groupe terroriste en 1993, après de violentes protestations de la part des membres du groupe, mais le groupe est toujours actif dans le pays, avec plus de 14 000 adeptes.

« Les responsables allemands de la sécurité n’agissent que sur la base de plaintes, mais il n’y a pas de mesures préventives avant les attentats », a ajouté İnan.

La Turquie a longtemps averti ses alliés européens de passer de la simple rhétorique à une action concrète contre le groupe, car le PKK finira par apporter sa violence aux villes européennes. Cependant, la demande d’ n’est pas encore réalisée.

Jonas S. de , qui ne voulait pas divulguer son nom, a dit qu’« il ne se sent pas personnellement menacé, mais l’augmentation des actions en Allemagne, qui peut être attribuée au PKK, est déjà préoccupante ».

L’homme de 32 ans a ajouté que « l’Etat doit poursuivre toutes les activités terroristes et aussi agir de manière préventive Si, bien sûr, un grand nombre de membres du PKK ou de sympathisants reçoivent asile ici, c’est discutable ».

« En tant que citoyen allemand, je suis inquiet quand des institutions étrangères sont attaquées dans ce pays, que ce soit par des groupes ou par une organisation terroriste étrangère », a déclaré Dr. Johannes Henrich, chercheur, qui se concentre sur la Turquie depuis environ 13 ans.

Henrich dit qu’il a vu le PKK gagner du pouvoir en Europe alors que les autorités n’ont pas agi sur cette croissance, et qu’il ne « se sent pas à l’aise de voir qu’un groupe terroriste a été autorisé à se développer de cette façon ».

« L’augmentation des attentats du PKK en Allemagne, en particulier dans les institutions turques et les mosquées, est un problème. Erdoğan a mis en garde l’Allemagne il y a des mois. Quiconque abrite des terroristes finira verra le terrorisme revenir en pleine figure comme un boomerang », a ajouté Henrich.

« Les attaques du PKK en Europe se poursuivent depuis un moment »

Avant la récente forte augmentation cette année, les attaques du PKK ont également été menées contre des établissements turcs, même si elles ont été moins fréquentes et n’ont presque pas été couvertes par les médias occidentaux.

« Un nombre important d’attaques se sont produites dans le cadre de manifestations pour ou contre le PKK. Les biens et les institutions turques ont été endommagés par des engins incendiaires », selon un rapport réalisé en 2017 d’Europol, Office européen de police.

Construit sur une idéologie marxiste-léniniste, le PKK a été fondé en 1978 en Turquie, dans le but séparatiste d’établir un Etat kurde autonome. Cependant, sa présence en Europe a émergé à la fin des années 80 et au début des années 90 et s’est renforcée depuis.

Un attentat du PKK parmi tant d’autres à Dıyarbakır, une province turque composée majoritairement de Kurdes

Les attaques du PKK contre la communauté turque « sont un problème sérieux pour la cohésion et l’ordre social et politique en Europe depuis un certain temps », a déclaré Kyle Orton, un chercheur indépendant du Royaume-Uni qui se concentre sur les activités du PKK.

Le rapport d’Europol, intitulé « Rapport sur la situation et les tendances du terrorisme (Te-Sat) 2017 », indique que « la Belgique, la France, l’Allemagne, l’Italie, la Roumanie et la Suisse ont signalé que le PKK poursuivait ses activités de collecte de fonds, de propagande et de recrutement ».

En Turquie, le groupe agit sous le nom du PKK, alors qu’il fonctionne en Syrie sous le nom du Parti de l’union démocratique (), du Parti pour une vie libre au Kurdistan (PJAK) et du Parti pour une solution démocratique au Kurdistan (PÇDK) aux côtés de leurs ailes armées. Tous les affiliés sont également regroupés sous l’organisation faîtière de l’Union des Communautés du Kurdistan (KCK).

En plus de sa lutte contre le terrorisme du PKK sur le plan national, la Turquie a juré qu’elle éliminerait toutes les menaces du PKK en dehors de ses frontières, y compris le nord de la Syrie et le nord de l’. L’opération Rameau d’Olivier a été lancée pour éliminer la présence du PYD et de son aile armée, les Unités de protection du peuple (YPG), car Ankara affirme que ceux-ci constituent une menace pour la sécurité nationale à ses frontières.

Le rapport d’Europol ajoute que le PKK a recruté ses membres parmi la communauté kurde en Italie, pour des activités en Europe ou pour être affectés vers des zones de conflit. En outre, le rapport ajoute que « l a Suisse a déclaré que le PKK organisait peut-être un certain nombre de camps d’entraînement idéologiques pour ses jeunes dans les régions pré-alpines éloignées au cours de la seconde moitié de 2016 ».

Orton ajoute que les activités organisationnelles du PKK « devraient être prises aussi au sérieux que d’autres groupes terroristes et que la législation devrait être utilisée dans la poursuite des attaques politiquement motivées contre les personnes et les biens par le PKK et ses agents en Europe ».

(Traduction : Daily Sabah)

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