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Syrie : Nouveau bombardement au phosphore blanc par le régime d’Al-Assad à Idlib

TURQUIE / GUERRE EN SYRIE - Le régime de Bachar Al-Assad a bombardé dimanche soir la province d’Idlib, contrôlée par l’opposition syrienne, de bombes au phosphore blanc dont l’usage est interdit dans le droit international.


Le régime de Bachar Al-Assad a bombardé dimanche soir la province d’Idlib, contrôlée par l’opposition syrienne, de bombes au phosphore blanc dont l’usage est interdit dans le droit international.

Des images obtenues par le Daily Sabah montrent que le régime aurait largué 18 bombes au phosphore sur la ville de Khan Shaykhun, dans le sud d’Idlib. Les attaques auraient été lancées depuis la ville voisine de Maan.

L’utilisation du phosphore blanc est interdite par le droit international. Le phosphore, qui empoisonne l’homme par inhalation, cause des dommages importants au cerveau et aux poumons, entraînant la mort dans la majorité des cas. Lorsqu’il est utilisé, le phosphore blanc crée un nuage de fumée blanche épaisse qui peut se fondre à travers la chair humaine.

Le régime a utilisé à plusieurs reprises du phosphore contre des civils et des combattants de l’opposition en Syrie.

Depuis la fin du mois d’avril, Idlib vit sous le bombardement implacable du régime d’Assad et de son allié, la Russie, qui a déjà tué près de 500 civils. La violence a contraint environ 330.000 personnes à fuir leur domicile et a endommagé 23 centres de santé, ont déclaré les Nations Unies.

Dernière enclave de l’opposition, la population d’Idlib d’avant-guerre s’élevait à 1,5 million d’habitants. De nouvelles vagues de réfugiés ont vu le jour depuis qu’elle a été désignée “zone de désescalade” en vertu de l’accord d’Astana conclu en mai 2017 avec Astana, dans le but d’ouvrir une voie qui aboutirait à une solution politique permanente en Syrie.

La Turquie et la Russie avaient signé, à Sotchi en septembre, un accord concernant une zone tampon afin d’empêcher une offensive massive du régime dans la région d’Idlib, près de la frontière turque.

Après huit mois de calme suite à cet accord, le régime d’Assad avait intensifié ses attaques à partir du 26 avril, sous prétexte de lutter contre les militants de Hayat Tahrir al-Sham à Idlib.

Le régime a arrêté près de 1500 personnes en 2019, dont la moitié a disparu

Parallèlement aux bombardements incessants à Idlib, le régime continue d’opprimer les voix de la contestation dans ses territoires, arrêtant un nombre considérable de personnes sans réels motifs d’accusation.

Un rapport du Réseau syrien pour les droits de l’homme (SNHR) a révélé que les forces d’Assad avaient arrêté pas moins de 1.478 citoyens, dont 71 enfants et 90 femmes, depuis le début de 2019. Parmi eux, 764 ont disparu.

Selon le rapport publié hier, les forces du régime ont libéré 325 des 1.478 personnes arrêtées après “un interrogatoire et des actes de torture” tandis que 1.153 autres seraient toujours en détention. Alors que la plupart des arrestations ont eu lieu à Damas et dans les villages et banlieues de Damas et d’Alep, le rapport indique que les arrestations se sont également intensifiées dans le nord de Homs et dans le sud de la Syrie, où la population a été contrainte de s’installer avec le régime syrien. Par ailleurs, le rapport précise que certains Syriens, qui avaient décidé de rentrer chez eux après avoir été déplacés, ont également été arrêtés aux frontières.

La guerre civile syrienne a éclaté en 2011 lorsque le régime d’Assad avait répondu durement aux manifestants qui avaient investi les rues pour réclamer plus de droits et de liberté. Alors que le régime avait perdu le contrôle de parties importantes du pays au cours des premières années de la guerre civile, il a récemment recouvré des étendues conséquentes de territoires avec le soutien de la Russie et de l’Iran, et envisage maintenant Idlib, dans le but d’une “victoire finale” contre l’opposition syrienne.

Selon le rapport du SNHR, le régime a arrêté au moins 1,2 million de citoyens syriens, qui ont été placés en détention sans mandat d’arrêt et sans motifs d’accusation, interdits par ailleurs d’embaucher un avocat et de recevoir des visites de leurs familles. Quelques 128.000 citoyens syriens sont actuellement toujours en détention. Quelques 82.000 d’entre eux ont disparu, précise encore le rapport, et leurs familles n’ont pas été informées de l’endroit où elles se trouvent.

Depuis le début de la guerre civile syrienne, de nombreuses informations faisant état d’atrocités commises par le régime contre la population civile ont été révélées, mais la communauté internationale n’a encore pris aucune mesure à ce jour. Des rapports récents, publiés par le Groupe d’action pour les Palestiniens de Syrie (AGPS) en avril, indiquaient que le régime d’Assad avait tué au moins 548 Palestiniens sous la torture dans des prisons syriennes. Les Palestiniens, qui ont été torturés à mort dans des prisons contrôlées par le régime, étaient notamment des femmes et des enfants, ajoutant que le sort de plus de 1.748 autres captifs palestiniens restait inconnu à ce jour.

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