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Les sanctions pétrolières américaines contre l’Iran menacent la stabilité régionale

TURQUIE / ÉTATS-UNIS - La décision unilatérale des États-Unis d’adopter des sanctions contre l’Iran continue de secouer les marchés de l’énergie et de menacer la stabilité de la région entière, ignorant ainsi les besoins d’alliés majeurs, notamment de l’Union Européenne et de la Turquie.


L’empressement de Washington à éradiquer les exportations de iranien et sa récente décision de mettre fin aux dispenses de , qui ont permis à plusieurs grandes économies, dont la Turquie, de continuer à acheter du pétrole brut iranien, ont fait craindre que cette décision ne déstabilise également la région dans son ensemble.

De nombreux pays, parmi lesquels ceux de l’, de la Belgique, de la Turquie et de la Chine, ont exprimé leurs regrets devant la décision des États-Unis d’intensifier leur embargo sur le pétrole imposé à Téhéran, avertissant qu’il ne servirait pas la paix et la stabilité régionales et nuirait au peuple iranien. La décision de Washington a en effet provoqué un choc dans le monde entier et a poussé les prix du pétrole à leur plus haut niveau en six mois sur les marchés mondiaux des produits de base, atteignant 74,70 dollars le baril mardi matin, alors que les États-Unis ont déclaré qu’ils durciraient leur ligne de conduite contre les pays qui enfreindraient leurs objectifs d’embargo pétrolier sur l’Iran.

Les prix du pétrole ont légèrement baissé vendredi, les investisseurs espérant que l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) atténuera les réductions d’approvisionnement afin de compenser les sanctions imposées par les États-Unis sur les exportations de pétrole iranien et vénézuélien. Le prix du baril a entretemps chuté de 2,18%, atteignant 72,73 dollars vendredi. Lors d’une conférence de presse vendredi, le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Hami Aksoy, a déclaré qu’Ankara tentait de convaincre les de permettre à son plus gros importateur de pétrole, Tüpraş, de continuer à acheter du pétrole brut iranien sans sanctions.

En évaluant les sanctions, Aksoy a déclaré que les contacts à ce sujet se poursuivaient avec l’administration américaine.

« Tüpraş suit la question de près. Les caractéristiques de leurs raffineries sont adaptées au pétrole iranien. Nous essayons de convaincre les Etats-Unis », a-t-il déclaré en répondant à la question de savoir si le raffineur continuerait à acheter du pétrole brut en provenance d’Iran.

L’Iran est l’un des plus gros fournisseurs de pétrole de la Turquie, qui répond à la plupart de ses besoins énergétiques de l’étranger.

Washington a introduit des dérogations pour six mois l’an dernier, permettant à huit pays, dont la Turquie, le Japon, l’Inde, la Chine, l’Italie, la Grèce, Taïwan et la Corée du Sud, de continuer à acheter du pétrole brut à Téhéran.

Ces dérogations ont été accordées en partie pour donner à ces pays le temps d’arrêter progressivement leurs achats de pétrole iranien, mais également pour atténuer tout impact sur les marchés mondiaux de l’énergie avec la suppression brutale de la production iranienne.

En novembre 2018, la Turquie n’avait pas acheté de pétrole à l’Iran, selon les données de l’Autorité de Régulation du marché de l’Energie (EMRA). En décembre, 104.000 tonnes de pétrole en provenance d’Iran avaient été importées sur le marché turc, contre 432.441 tonnes en décembre 2017. Au cours du premier mois de cette année, la Turquie a importé 381.214 tonnes de pétrole iranien, soit 34% de moins que l’année précédente à la même période.

Entre novembre 2017 et janvier 2018, les achats de pétrole de la Turquie à l’Iran ont totalisé près de 1,3 million de tonnes. Ce chiffre est tombé à 485.214 tonnes entre novembre 2018 et janvier 2019, soit une baisse d’environ 67%.

L’administration américaine a annoncé lundi qu’elle ne renouvellerait pas ces renonciations et exigé que les acheteurs cessent leurs achats avant le 1er mai, sous peine d’être passibles de sanctions. En mai 2018, le président américain Donald Trump avait retiré son pays du Plan d’action global commun (JCPOA), qui avait été signé en 2015 avec l’accord de cinq membres du Conseil de des et de partenaires européens.

Hami Aksoy a souligné que la décision américaine nuirait à la coopération régionale et aux relations commerciales de la Turquie.

De son côté, le secrétaire d’État américain, Mike Pompeo, a suggéré l’ et les Émirats arabes unis comme alternatives au pétrole iranien, remarque qui a suscité de vives réactions de la part de la Turquie.

Le ministre des Affaires étrangères, M. , a déclaré: « Nous pousser à acheter du pétrole auprès de pays autres que l’Iran va trop loin ». Çavuşoğlu a souligné qu’il était éthiquement « incorrect » de les suggérer comme solutions de remplacement, car les États-Unis ont des liens étroits avec ces pays. « Cela enfreint les réglementations de l’Organisation mondiale du commerce et constitue un risque pour la stabilité dans la région » a-t-il ajouté.

« Les capacités pétrolières de l’Arabie Saoudites et des sont exagérées »

Le ministre iranien du Pétrole, Bijen Namdar Zengene, a déclaré vendredi que les capacités pétrolières de l’Arabie saoudite et des Emirats Arabes Unis, qui pourraient, selon Washington, compenser les ruptures d’approvisionnement sur le marché international du pétrole à la suite des sanctions contre l’Iran, étaient relativement exagérées.

« L’approche des Etats-Unis vis-à-vis de l’Iran et les sanctions pétrolières ne relèvent pas de tactique politique. Elles sont un indicateur clair de l’hostilité violente à l’égard du peuple iranien », a déclaré Zengene à ICANA, le site d’informations de l’assemblée.

Il a ajouté que l’Arabie Saoudite et les Émirats Arabes Unis n’avaient pas la capacité de remplacer l’approvisionnement en pétrole fourni par l’Iran. « Je pense qu’ils exagèrent les capacités de production de pétrole de l’Arabie Saoudite et des Émirats Arabes Unis. »

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