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Mort tragique de Naomi Musenga à Strasbourg : la face visible de l’iceberg?

OPINION - La mort tragique de la jeune Naomi Musenga, 22 ans, à Strasbourg a déclenché une onde de choc dans tout le pays. L’enregistrement de l’appel de l’agonisante et le dédain manifeste de ses interlocutrices a ému, puis en a révolté plus d’un. Comment en est-on arrivé là ?

Par Cihan Bircan


Il faut tout d’abord se poser les bonnes questions. L’évènement tragique s’est déroulé il y a près de 5 mois. Il a fallu de la ténacité et du courage à la pour recueillir le dossier médical et l’enregistrement de son appel (car tous les appels sont systématiquement répertoriés).

Il a fallu que cette bande sonore soit médiatisée pour faire comprendre à l’entièreté du pays la situation sanitaire que traverse actuellement la . La première question est la suivante : Naomi est-elle la seule personne à avoir vécu cela? 

Il s’agit avant tout de la conséquence d’un manque manifeste de moyens humains. L’ vit des coupes budgétaires mortifères au gré des années et il n’est pas étonnant que le personnel hospitalier souffre d’une charge de travail conséquente où le burn-out, tel une épée de Damocles plane sur la tête de chaque membre du corps soignant.

Ainsi, une baisse du budget est responsable d’une baisse de recrutement et une surcharge de travail pour le personnel qui se retrouve trop souvent livré à lui-même.

Néanmoins, là où il y a de l’humain, il y a de l’erreur. Que ce soit dans la technique ou dans la communication. Le soignant est avant tout un être humain, qui œuvre pour d’autres êtres humains. Il doit savoir encaisser la souffrance d’autrui, faire preuve d’empathie pour tenter de pallier un tant soit peu aux doléances du patient. Mais le soignant n’est pas infaillible et le recrutement du personnel ne se fait pas sur la mesure chiffrée de l’empathie (une utopie) ou autres qualités humaines mais sur des diplômes, attestant une certaine vocation pour le métier en question.

Il n’est pas donné à tout le monde de gérer l’autre, autre qui est si chronophage et si énergivore. Alors on en rit parfois, on se moque souvent, se détend régulièrement à l’instar peut être de ces personnes du . Ayant été à la fois patient et médecin, nous pouvons clairement constater que la communication avec le patient est une pierre angulaire d’un traitement optimal. Il faut savoir écouter le patient, aller jusqu’au bout de sa parole car le patient se connaît mieux que quiconque.

Mais gérer des milliers d’appels et de doléances n’est pas facile en soi. Le SAMU est submergé d’appels en tous genres, avec des demandes parfois farfelues pouvant anesthésier l’empathie du soignant. Un peu comme ces « stars » du petit écran qui se lassent d’être sollicitées à tout bout de champs pour des autographes et autres selfies.

Le but de cet article n’est pas d’excuser tel ou tel comportement. Il s’agit avant tout de faire comprendre au lecteur les tenants et les aboutissants d’une discussion saine entre le soignant et le soigné, basés sur la confiance et l’empathie.

C’est d’ailleurs dans cette optique que nous avions écrit par le passé le livre « Martin se rend à l’hôpital, petit guide communication pour le personnel soignant » (Edition Edilivre 2014) en collaboration avec le Pr Erdoğan Nohuz et le Dr Mehmet Avcı car force est de constater que sur ce plan, des lacunes demeurent nombreuses (manque de formation cruelle du personnel soignant y compris du corps médical).

« Un médecin est un bon médecin lorsque celui a été malade »,  comme le dit si bien ce proverbe arabe empli de sagesse. 

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