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Des mères kurdes déterminées à ne pas laisser leurs fils au PKK

TURQUIE / LUTTE CONTRE LE TERRORISME - Des mères kurdes exigent le retour de leurs fils enlevés par le PKK et exercent des pressions sur le groupe terroriste, en organisant des sit-in depuis maintenant deux semaines.


Je ne laisserai pas mon fils avec eux [le ], a déclaré Ayşegül Biçer, une mère de 35 ans ayant organisé un sit-in devant le siège du Parti démocratique du peuple (), parti pro-, criant à son fils de revenir, ce dernier ayant été enlevé par les terroristes du il y a 10 mois.

Les cris de Biçer, cependant, ne sont pas un cas isolé, mais deviennent au contraire une voix pour toutes les autres mères présentes elles-aussi au même endroit depuis plus de deux semaines maintenant.

Tout a commencé il y a deux semaines avec le cri d’une autre mère, Hacire Akar, qui a organisé un premier sit-in de protestation devant l’organisation HDP pour son fils âgé de 21 ans. Hacire a ainsi pu atteindre son fils au bout de 3 jours et a mis ainsi fin à sa mission.

Cependant, son initiative a déclenché la réactions d’autres mères souffrant de la même brutalité du PKK. Peu de temps après, de plus en plus de mères ont ainsi commencé à protester contre le HDP pour avoir coopéré avec le PKK en enlevant leurs fils et en les emmenant dans les montagnes. La famille Biçer n’est que l’une de ces familles qui suivent les traces d’Akar, qui veut sauver son fils Mustafa, âgé de 18 ans.

« Pourquoi mon fils porte-t-il une arme à feu alors qu’il pourrait plutôt tenir un stylo », a protesté Ayşegül Biçer. « Il a quitté la maison samedi matin le 17 novembre 2018. Deux jours plus tard, il nous a appelés. Lorsqu’il nous a appelés, on nous a informés qu’il était avec le YPG. Des personnalités du YPG ont parlé avec nous », a déclaré Biçer, faisant référence aux unités de protection du peuple (YPG) du groupe syrien affilié au PKK. Elle a également souligné qu’elle se battait depuis contre ces groupes et qu’elle continuera de le faire.

« Cela fait 10 mois et il n’y a pas de nouvelles de lui et depuis, nous sommes en deuil. Il était mon fils unique. Pourquoi ont-ils été obligés de me le prendre ? », a-t-elle demandé, ajoutant qu’il était probable que leur fils soit dans les camps des YPG à Tal Abyad, dans le nord de la Syrie.

« J’appelle le HDP. En quoi cela concerne-t-il les Kurdes? Je suis Kurde. Je n’ai jamais été mêlée à quoi que ce soit. L’Etat ne m’a rien fait de mal. C’est une bataille pour quoi ? Vous avez pris nos fils loin de nous … expliquez-moi pourquoi !! », s’est-elle écrié en pleurant.

Fevziye Çetinkaya, avec son mari Şahap Çetinkaya et ses quatre enfants, ont également organisé une manifestation de sit-in mardi, déclarant qu’elle n’avait pas été en mesure de joindre son fils pendant quatre jours après son départ de la maison, ce dernier ayant affirmé qu’il se rendait à un match de . Elle s’est rendue au poste de police lundi et a déposé une requête pour personne disparue pour son fils, âgé de 17 ans.

Çetinkaya a déclaré qu’elle se battrait jusqu’à ce qu’elle soit réunie avec son fils. Suite à sa tentative de briser les fenêtres du bâtiment HDP, une bagarre a éclaté entre les manifestants et les responsables du parti et la police est intervenue. « Nous ne pouvons pas attendre la mort de nos enfants sans rien faire ! », a-t-elle déclaré.

Une autre femme, Aysel Bozkurt, a réagi en s’écriant: « Maudite soit votre cause au Kurdistan ! », ajoutant que ceux qui défendaient le Kurdistan envoyaient leurs enfants dans les meilleures écoles, alors que celles des pauvres mouraient pour rien. « Nous n’avons pas d’enfants à sacrifier au HDP, çà doit cesser ! », a-t-elle déclaré.

Bien que le PKK se présente à la communauté internationale en tant que « défenseur » des droits des femmes et prétend recevoir le soutien de femmes kurdes, les incidents qui se déroulent depuis des années se révèlent être exactement le contraire. Le cri actuel des mères kurdes réclamant le retour de leurs enfants n’est que la partie visible de l’iceberg.

Retirer les enfants de leurs familles ne constitue toutefois pas le point de départ de la langue chaîne de brutalités commises par le PKK.

Le véritable point de départ, en fait, remonte au HDP, réputé encourager les jeunes à rejoindre l’organisation terroriste. Cela qui signifie que les enfants enlevés par le PKK sont d’abord radicalisés par le HDP dans un premier temps, puis, sont utilisés comme instrument de propagande et sont forcés de travailler. Les spécialistes définissent quatre étapes de la radicalisation, dont la première est le lavage de cerveau, encourageant ainsi les jeunes à rejoindre l’organisation terroriste. Viennent ensuite les processus d’armement, de violation des lois et enfin le fait de se rendre dans les montagnes.

HDP radicalise les enfants par un lavage brutal de cerveau

En 2011, les familles dont les enfants ont été kidnappés par l’organisation terroriste du PKK se sont à nouveau rassemblées à Diyarbakır pour manifester leur mécontentement à l’égard des responsables du HDP. Des représentants d’ONG étaient également présents à la manifestation et ont souligné que l’enlèvement d’un enfant pour la guerre et les conflits appartenait à la catégorie des crimes contre l’humanité des Nations Unies. Ces derniers ont reproché au HDP d’être indifférent au fait que des enfants reçoivent des armes à feu et soient entraînés à la guerre. L’un des pères, affirmant qu’il souhaitait la fin des activités terroristes, avait déclaré à l’époque : « L’organisation mène cette guerre contre les Kurdes, mais les Kurdes n’en sont pas conscients ». Une autre femme, mère de neuf enfants, s’étaient écriée en disant qu’ils enveloppaient les enfants avec des bombes et les faisaient exploser. « Si être kurde veut dire cela, alors je ne suis pas kurde, mais plutôt turque », a-t-elle déclaré.

Selon un rapport publié hier par la direction de l’Académie de police, il n’y a pas de consensus parmi les universitaires sur la définition de la radicalisation. « Le PKK a principalement mené des activités terroristes dans des zones rurales. Cependant, il s’est maintenant tourné vers les villes, menant des activités terroristes au sein des villes », selon le rapport. Au cours de ces guerres, ils ont armé des enfants et les ont utilisés pour la des rues, rendant des enfants de 14 ans responsables des rues et des quartiers.

Le groupe terroriste a également commencé à mettre en œuvre et à adopter une stratégie de guerre urbaine en 2015, pour délimiter des enclaves sur le territoire turc, tout en utilisant la population locale comme bouclier humain, en utilisant l’expérience acquise par les YPG lors de la guerre civile en Syrie. Dans cette stratégie de guerre urbaine du PKK, de nombreux enfants de la population locale ont ainsi été recrutés pour contrôler les rues et engager des affrontements avec les forces de sécurité.

En juillet, le PKK et les YPG ont admis avoir recruté des enfants âgés de 11 à 16 ans pour des activités terroristes lors d’une réunion avec un représentant de l’, Virginia Gamba. Cette dernière, représentante spéciale du secrétaire général des Nations Unies pour les enfants dans les conflits armés, a rencontré un terroriste du YPG à Genève et a signé un accord mettant fin au recrutement d’. Cependant, la pratique des enlèvements pour recruter des militants terroristes se poursuit malgré tout.

Les politiques soutiennent les mères, alors que de plus en plus de voix s’élèvent contre le HDP

Pendant ce temps, au fur et à mesure que les manifestations s’intensifient, le soutien du gouvernement et des politiciens d’autres partis augmente également pour les familles dont les enfants ont été enlevés par le PKK.

Le ministre de l’Intérieur, Süleyman Soylu, a évoqué mardi la lutte contre le et les développements en cours à Diyarbakır lors d’une réunion mardi dans la province d’Afyonkarahisar.

« Ce sont nos femmes, nos mères à l’est et au sud-est qui mettront fin à l’organisation terroriste », a déclaré Soylu, soulignant son soutien aux femmes qui ont élevé leur voix contre le PKK et le parti lors des récentes manifestations.

Le vice-président du Parti du Mouvement nationaliste (), Mevlüt Karakaya, a quant à lui déclaré hier que l’augmentation du nombre de réactions contre le terrorisme montrait que les gens ne souhaitaient pas perdre leurs enfants dans la terreur.

« Les réactions des habitants de la région montrent que la lutte de la contre le terrorisme porte ses fruits. Il est important que les familles réagissent face aux personnes et aux institutions qui poussent leurs enfants à la terreur. Cela montre également la force de notre pays », a déclaré Karakaya.

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