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Manifestations des gilets jaunes : « Black Friday » pour la France

OPINION - D’un côté le concept de « Black Friday » reflétant le mode de vie complètement consumériste du système capitaliste, de l’autre côté le soulèvement populaire des « gilets jaunes » contre les injustices imposées par l’Etat. Drôle de coïncidence ou ironie du sort ?

Par Öznur Küçüker Sirene


Tout juste importé des et du , le Black Friday (traduit aussi par « vendredi fou ») est un moment où plusieurs commerçants proposent des soldes importants au lendemain du repas de Thanksgiving. Cette année, en France, le Black Friday s’étend à plusieurs jours, du 19 au 25 novembre dans la plupart des cas.

C’est donc le moment idéal pour faire du shopping mais il y a un gros problème : est-ce que les gens ont toujours le pouvoir d’achat nécessaire pour se faire plaisir en France ?

Lorsqu’on se promène à Paris, on peut facilement observer que les grandes marques françaises sont aujourd’hui au service de leurs clients chinois ou russes, même leurs vendeurs étant de ces nationalités. Les restaurants chics des bobos parisiens sont remplis de touristes étrangers, la vie sociale et culturelle étant de plus en plus réservée à une certaine catégorie de la population.

La France profonde vit mal, très mal. Les voix s’élèvent mais les énarques élitistes de la classe dirigeante ne connaissant même pas le prix d’un « pain au chocolat » sont déconnectés des réalités du peuple. Alors que le Premier ministre Edouard Philippe se permet d’organiser un à 150.000 euros, bon nombre de familles françaises n’arrivent à joindre les deux bouts à la fin du mois malgré les avantages d’un système social menacé par des abus et dysfonctionnements.

Il est difficile d’entreprendre, les taxes et impôts étant de plus en plus élevés ; il est difficile de trouver un emploi en étant un jeune diplômé : la solution miracle proposée par le président Emmanuel Macron est méprisante : « traverser la rue ». En effet, « je traverse la rue et je vous trouve un travail », assure Macron à un chômeur. La réponse de l’Etat aux problèmes sociaux devrait-elle se réduire à cela ?

Il y a un malaise, un grand malaise palpable : ni le pauvre ni le riche n’est content de sa vie. La hausse du prix des carburants n’est qu’un prétexte parmi tant d’autres : « Indignez-vous, trop de taxes, trop de suicides, trop de SDF, réveillez-vous », avertit une banderole.

Le peuple se sent abandonné par le pouvoir public, incompris, désorienté et il ne sait plus à qui s’adresser. « Payer de plus en plus pour recevoir de moins en moins », se plaignent les citoyens. « France championne du monde des taxes »,  s’insurgent-ils. Mais sont-ils entendus ?

Face à la colère populaire grandissante, Macron fait son mea culpa : il s’en veut de ne pas avoir « réussi à réconcilier le peuple français avec ses dirigeants ». Mais s’en vouloir n’est certainement pas la solution, il faudra maintenant aller de l’avant et chercher des solutions concrètes aux revendications du peuple.

Conséquences : peuple réuni en plein cœur de Paris, Champs-Elysées en feu, violents affrontements entre et forces de l’ordre.

Bien évidemment, la violence et les affrontements ne sont sûrement pas la clé des problèmes. S’il est tout à fait légitime de demander des comptes à l’Etat, les manifestants aussi devraient certainement se remettre en question. Est-ce qu’ils remplissent pleinement leur devoir de citoyens en pensant par exemple à la croissance économique de leur pays dans un monde aussi compétitif, quitte à faire des concessions de certains et ? Pensent-ils réellement à leurs prochains dans une société qui devient de plus en plus égoïste et individualiste avec le « Je » au centre du monde ? Jusqu’à quel degré peut-on tout attendre de l’Etat sans assumer ses propres responsabilités ? Les 35h c’est bien beau, mais comment attendre de la France d’être un pays éternellement développé qui assure et droits illimités à ses citoyens face à une concurrence aussi rude des autres pays du monde où les citoyens acceptent même de travailler 50h par semaine ? Parfois il faudrait également peut-être accepter certains changements et -pour mieux s’adapter aux réalités du monde contemporain-, ce qui semble aujourd’hui malheureusement inconcevable pour le peuple français historiquement attaché à ses droits acquis après de longs combats.

La solution aux problèmes ne viendra donc pas uniquement de l’Etat mais d’un réel dialogue transparent entre le pouvoir public et les citoyens.

La France : trop de leçons de morale pour les pays étrangers, peu de « bonnes pratiques » sur son territoire

Si on devait comparer deux pays qui ont traversé deux crises similaires, on pourrait facilement se référer à la France et à la Turquie.

En 2013, les manifestations du parc Gezi en Turquie ont été initialement menées par des écologistes et des riverains qui s’opposaient à la destruction du parc Gezi à Taksim à Istanbul et ont vite pris une autre dimension avec différentes revendications de la part des manifestants. La seule différence avec la France, c’est qu’en Turquie le mouvement a vite été récupéré par des provocateurs, milieux séparatistes et terroristes qui portaient clairement atteinte à l’ordre public et à la sécurité de l’Etat.

 Néanmoins les médias français ont été extrêmement durs envers la Turquie dans la gestion de cette crise d’une ampleur sans précédent. En qualifiant le président démocratiquement élu de dictateur, l’ensemble des manifestants (y compris les partisans du terrorisme et provocateurs) de « résistants » face à l’oppression du pouvoir public, en inventant des « icônes » de la « résistance », ils se sont totalement désolidarisés avec la majorité du peuple qui s’opposait aux violences engendrées par ces manifestations. La police turque s’est également fait lyncher dans les médias, ses méthodes jugées « disproportionnées et violentes ».

Aujourd’hui, il est étonnant de lire et écouter les mêmes médias parler des gilets jaunes comme « des casseurs » avec des forces de l’ordre qui « maîtrisent la situation » alors que toutes les images prouvent l’utilisation du gaz lacrymogène et lanceurs d’eau sur les manifestants.

La France ne gère certainement pas mieux les manifestations mais maîtrise mieux les outils médiatiques pour minimiser l’ampleur des violences et le mécontentement national.

Le parallèle entre les deux pays nous permet de conclure que la France qui est si dure au sujet du respect des libertés et de la démocratie dans les pays étrangers, n’affiche pas cette même sensibilité envers son propre peuple.

Deux poids, deux mesures.

Espérons que la France retrouve sa « lumière » et redevienne un exemple qui inspire le monde !

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