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L’intervention militaire à Manbij : qui reculera parmi Washington et Ankara ?

ANALYSE - Les troupes turques, soutenues par l’Armée syrienne libre (ASL), combattent à Afrin, dans le cadre de « l’Opération Rameau d’Olivier » lancée le 20 janvier pour chasser les terroristes, connus sous le nom d’Unités de protection du peuple (YPG). Les relations sont devenues tendues entre la Turquie et les États-Unis suite à l’opération militaire à Afrin. La possibilité de l’extension de l’offensive turque à Manjib, déclarée par le président turc, provoque des désaccords encore plus importants entre les deux pays : Les États-Unis refusent que la Turquie intervienne dans la zone où se trouvent leur base et leurs forces armées. Ankara et Washington restent aujourd’hui tous les deux déterminés dans leurs prises de position. Les experts soulignent la nécessité d’un accord important entre la Turquie et les États-Unis pour éviter une confrontation entre les forces armées des deux pays.

Par Tuğçe Ateş


La considère les Unités de Protection du Peuple (YPG) comme la branche syrienne de l’organisation terroriste PKK, qui se bat pour former un « Kurdistan autonome » dans le sud-est de la .

Ankara est depuis longtemps en colère contre Washington pour son armement continu de plusieurs organisations terroristes en Syrie. Ce dernier a découpé deux cantons autonomes pendant la guerre syrienne : l’un à et l’autre à l’est de l’Euphrate.

Des appels de mise en garde par les deux pays

Le président américain Donald Trump, dans un appel téléphonique avec Erdoğan mercredi dernier, a mis en garde contre le risque d’un affrontement possible entre les deux alliés de l’OTAN si les troupes turques refusent de limiter leur opération en Syrie.

Après que le président turc Recep Tayyip Erdoğan a promis de cibler à l’est d’Afrin dans la prochaine étape, le ministre des Affaires étrangères Mevlüt Çavuşoğlu a demandé samedi aux de se retirer immédiatement de la ville.

En réponse, Joseph Votel, commandant militaire du Commandement des forces des États-Unis, a déclaré dimanche que Washington n’envisageait pas de retirer ses troupes de Manbij.

Notant que Votel transmet les ordres directement de la Maison Blanche, Cahit Armağan Dilek, directeur de l’Institut de la Turquie du 21ème siècle basé à Ankara, a déclaré que ces remarques sur le refus américain de retirer les troupes de Manbij devraient être considérées comme un avertissement de Trump à Erdoğan.

Selon des experts turcs, la Turquie et les États-Unis devraient réfléchir ensemble sur le sort de Manbij en Syrie suite aux tensions entre les deux pays et donc de ne prendre part dans des opérations militaires de manière isolée. « La Turquie ne prendrait pas une telle mesure puisqu’elle ne peut courir le risque d’affrontement avec les États-Unis, compte tenu de l’équilibre du pouvoir militaire et des circonstances actuelles », a déclaré Dilek.

Hasan Köni, professeur de droit international public à l’Université Kültür à Istanbul, a déclaré que les deux parties pourraient être en train de bluffer dans une sorte de jeu pour voir qui allait enfin reculer.

Notant qu’Erdoğan a récemment déclaré que l’ avancerait sur Idlib, Dilek a précisé que la déclaration du dirigeant turc pourrait indiquer que les troupes turques ne viseront pas Manbij comme prévu.

« Si Dieu le veut, nous avancerons sur Idlib », a déclaré Erdoğan samedi. La région d’Idlib, qui borde Afrin, est largement sous le contrôle des groupes rebelles.

Les forces turques ont mis en place plusieurs postes d’observation pour surveiller un cessez-le-feu à Idlib sur la base d’un accord avec la Russie et l’Iran, en vertu duquel quatre zones de désescalade ont été établies en Syrie.

Une coopération entre la Turquie et les États-Unis est-elle prévue ?

Malgré les tensions dans ses relations avec les États-Unis, la Turquie pourrait encore envisager une éventuelle coopération avec Washington.

Le secrétaire d’Etat américain Rex Tillerson a déclaré que les espéraient travailler avec la Turquie pour créer une « » dont elle pourrait avoir besoin dans le nord de la Syrie. 

La Turquie a changé de partenaire en Syrie en 2016. Elle a principalement coopéré avec la Russie et l’Iran, partisans dévoués du gouvernement syrien, au lieu des États-Unis. Ce partenariat vient du fait qu’Ankara a souvent accusé Washington de ne pas tenir sa promesse de retirer les YPG de Manbij, à environ 130 km à l’est d’Afrin.

En réponse à la question de savoir si les États-Unis sont préoccupés par une confrontation avec l’armée turque en Syrie, un porte-parole du Pentagone a déclaré lundi que des mesures étaient prises pour empêcher une telle éventualité et que la Turquie savait où se trouvaient les forces américaines.

Un autre porte-parole du Pentagone a déclaré que le seul partenaire américain à Manbij est le Conseil militaire de Manbij, avec 60% de ses membres étant les Arabes et les 40% restants les Kurdes.

Ankara fait valoir, cependant, que les YPG sont la force dominante au sein du groupe soutenu par les États-Unis en Syrie. « Le Pentagone vise à faire annuler la demande de la Turquie en donnant l’impression que les populations locales se gouvernent à Manbij et que les YPG ne sont pas mêlés», a déclaré Dilek.

Köni pense que la Turquie pourrait chercher à découper une zone sunnite le long de la frontière turco-syrienne pour que l’ (ASL) y règne. La Turquie voit l’émergence d’une ceinture contrôlée par les YPG le long de sa frontière comme une menace majeure pour la sécurité nationale.

Dilek a ainsi suggéré que la Turquie élabore un moyen de neutraliser la menace des YPG sans risquer une confrontation armée avec les États-Unis.

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