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L’Intelligence Artificielle : vers l’Apocalypse ou l’Utopie ?

ANALYSE - Avec les progrès exponentiels réalisés sur la fabrication des composants informatiques et la large propagation du Big Data, certaines problématiques qui paraissaient jadis comme de la science-fiction sont aujourd’hui au cœur des débats de la communauté scientifique : l’Intelligence Artificielle en fait partie.

Par Bilal Katı


Avant de pouvoir analyser la question, il faut éclaircir certains points.

La différence fondamentale entre une et un programme informatique classique, réside dans le fait que les sorties d’un programme informatique classique (même s’il peut évoluer selon certaines variables (et s’adapter mieux à certaines situations)) auront été supervisées par son développeur. Alors qu’avec l’, le programme peut donner une sortie totalement nouvelle, indépendante, qui n’avait donc pas été projetée par le développeur.

Il existe plusieurs branches dans l’Intelligence Artificielle, l’Apprentissage Automatique (Machine Learning), qui évoque l’IA développée par le traitement de grosses quantités d’informations et l’Apprentissage Symbolique (Symbolic Learning), qui est une sorte d’IA où les développeurs ont fourni tous les outils au programme pour que celui-ci puisse « apprendre » (on est donc sur une sorte de programme classique +++ (d’où le nom de « symbolique ») mais pas réellement sur de l’intelligence « indépendante ». Le domaine de l’Apprentissage Automatique qui va nous intéresser est l’Apprentissage Profond (Deep Learning), et c’est ici que tout commence à devenir intéressant…

Lorsque Yann Le Cun, introduisait le concept d’Apprentissage Profond à la communauté de l’Intelligence Artificielle dans les années 90, personne n’y prêta attention, pensant que c’était une méthode trop compliquée à mettre en œuvre et inefficace. Alors que pour l’Apprentissage Symbolique, des développeurs font un travail d’analyse de caractéristiques qu’ils introduisent dans le programme, Yann Le Cun proposa de laisser le programme faire pour qu’il se fixe lui-même ses caractéristiques et les apprenne tout seul, en créant un réseau de neurones (Neural Network), inspiré du cerveau humain (qui n’est ni plus ni moins qu’un gigantesque réseau de neurones) et en bourrant ce réseau de millions d’exemples. De cette façon, le programme « apprendrait » de lui-même, exactement comme un nouveau-né apprend à reconnaître son environnement, marcher, parler…

C’est pour cette raison que le concept d’Apprentissage Profond, couplé à la disponibilité de bases de données immenses (et donc d’échantillons pour ces algorithmes) et à la puissance de calcul des ordinateurs, (qui est démesurée) a été remise au goût du jour et avec la progression actuelle de ces domaines, elle pourrait très vite devenir hors de contrôle.

Il existe des cas d’expériences sur des IA qui laissent à désirer. Tay, une IA développée par Microsoft, qui était censée apprendre sur les relations entre humains, imitait une jeune Américaine de 19 , elle avait un compte Twitter sur lequel elle échangeait avec les personnes qui lui envoyaient des tweets. Tay devint en quelques jours une complotiste, raciste, même nazie et Microsoft fut obligé de la désactiver.

Une autre expérience d’IA qui a mal fini fut celle de Facebook, alors que l’entreprise testait deux IA qui étaient censées négocier et apprendre l’une de l’autre pour se convaincre mutuellement d’acheter une balle. Les deux IA développèrent leur propre langage, contenant des mots en anglais, mais avec une structure de phrase qu’elles seules étaient capables de comprendre, Facebook désactiva immédiatement le programme.

Les plus sceptiques du développement de l’IA et de la en général ont émis la théorie de la « singularité technologique », stipulant que si l’être humain développe une IA dotée de conscience, rien ne la ralentirait et elle prendrait le pas sur tout, avec une vitesse effrénée, ce qui serait en définitive, la fin de l’humanité. Quand on considère l’étendue immense d’internet aujourd’hui, il ne serait pas compliqué pour une IA qui a une conscience de devenir omnipotente. Même nos connaissances sur les failles de la programmation informatique deviendraient une arme redoutable pour cette IA car elle y aurait un accès plus rapide et plus facile que nous.

Le « Transcendance » (réalisé par Wally Pfister en 2014) met en scène une conscience humaine qui aurait été téléchargée sur un ordinateur, et si ce point reste bel est bien de la science-fiction pour l’instant, les choses que cette conscience devient capable de faire dans le ne sont pas aussi fantaisistes que ça…

Stephen Hawking déclarait à la BBC en 2014 : « Si le développement de l’Intelligence Artificielle Complète est achevé, cela pourrait provoquer la fin de l’humanité. […] Les humains, qui sont limités par des évolutions biologiques lentes, ne pourraient rivaliser avec les machines ». Et bien que ces paroles remplies de sagesse résument la thèse que nous avions défendue jusque-là, il faut aussi rappeler que Stephen Hawking a réussi à transmettre ces idées depuis son fauteuil roulant équipé d’ordinateurs, dans lesquels se trouve une IA chargée de comprendre et transcrire ce que le scientifique britannique pensait, et l’IA n’avait pour seule ressource le muscle de la joue de Stephen Hawking, la même tâche serait bien plus complexe et lente à réaliser pour un être humain.

Il y a d’autres exemples où l’IA surpasse l’homme pour son plus grand bien, notamment dans le dépistage du de la peau, les IA se sont révélées plus efficaces que les dermatologues dont c’était la spécialité (87% d’efficacité en moyenne pour les dermatologues contre 95% pour l’IA).

Les voitures semi-autonomes de Tesla (bien qu’imparfaites), sont aussi beaucoup plus efficaces pour prévenir et empêcher les accidents, les et de nombreuses vidéos mettant en scène une Tesla empêcher un qu’un humain n’aurait jamais pu voir venir nous le prouvent.

Il faut voir en l’Intelligence Artificielle un moyen (comme tous les développements technologiques de l’histoire) de réaliser plus facilement certaines tâches pour nous et non pas une « conscience » qui nous servirait pour tout, car cette « conscience » n’aurait aucune raison de se soumettre, et de la même manière que le Fordisme a rendu obsolète le raisonnement et l’intelligence des ouvriers, l’IA « consciente » rendra obsolète l’intelligence humaine.

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