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Libye : Les forces de Haftar frappent un centre de réfugiés à Tripoli, faisant au moins 40 morts

INTERNATIONAL - Une frappe aérienne a frappé mercredi un centre de détention pour réfugiés dans la capitale libyenne, faisant au moins 40 morts et des dizaines de blessés, ont annoncé des responsables du gouvernement soutenu par les Nations Unies.


Une frappe aérienne a frappé mercredi un centre de détention pour réfugiés dans la capitale libyenne, faisant au moins 40 morts et des dizaines de blessés, ont annoncé des responsables du gouvernement soutenu par les .

Avançant le chiffre d’au moins 44 morts et plus de 130 blessés, l’envoyé des Nations Unies en Libye, Ghassan Salame, a condamné l’, affirmant dans un communiqué que cette frappe équivalait « manifestement à un crime de guerre ».

Le Conseil de sécurité de l’ONU a organisé une réunion d’urgence mercredi pour discuter du raid aérien meurtrier. La réunion, qui s’est tenue à huis-clos, devrait inclure une analyse des représentants du Département des réfugiés de l’ONU, ainsi que du Département des affaires politiques.

La frappe aérienne soulève d’autres inquiétudes concernant la politique de l’, qui consiste à s’associer aux milices libyennes pour empêcher les migrants de traverser la Méditerranée, abandonnant ainsi la plupart du temps ces derniers à la merci de trafiquants ou dans des centres de détention sordides près des lignes de front.

La pression occidentale devrait également s’intensifier sur Khalifa , général libyen dont les forces ont lancé une offensive à Tripoli en avril.

Un porte-parole des forces de Haftar n’a pas immédiatement répondu aux appels téléphoniques et aux messages demandant des commentaires. Les médias locaux ont toutefois rapporté que l’Armée nationale libyenne avait lancé des frappes aériennes contre un camp de milices, près du centre de détention.

La frappe aérienne visant le centre de détention du quartier Tajoura à Tripoli a également blessé 35 migrants, selon le ministère de l’Intérieur à Tripoli. Malek Merset, porte-parole du ministère de la , a publié des photos de migrants emmenés dans des ambulances vers des hôpitaux. Il avait précédemment déclaré que 80 d’entre eux avaient été blessés.

Des images circulant sur les réseaux sociaux et censées provenir du centre de détention pour migrants montraient du sang et des parties du corps mêlées à des gravats et à des objets appartenant à des migrants.

La frappe aérienne a touché un atelier abritant des armes et des véhicules, ainsi qu’un hangar adjacent où se trouvaient environ 150 migrants, pour la plupart soudanais et marocains, selon le témoignage de deux migrants à l’Associated Press, sous couvert d’anonymat par peur de représailles.

Les migrants ont déclaré que trois ou quatre d’entre eux avaient survécu, et qu’il y avait environ 20 blessés. Ils ont déclarés que les autres avaient été tués, indiquant que le bilan final pourrait être beaucoup plus élevé que ce qui avait été annoncé.

Le département des Nations Unies pour les réfugiés a condamné le raid aérien sur le centre de détention, qui abrite 616 migrants et réfugiés au total.

Charlie Yaxley, porte-parole du Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (UNHCR), a indiqué avoir averti, il ​​y a moins de deux mois, que quiconque se trouvant à l’intérieur du centre de détention de Tajoura risquait d’être pris dans les combats autour de Tripoli. Une frappe aérienne avait par la suite été lancée à proximité, blessant deux migrants. Yaxley a déclaré que l’UNHCR enverrait des équipes médicales sur le site après la dernière frappe aérienne.

Le chef de l’Union africaine, Moussa Faki Mahamat, a également condamné la frappe aérienne. Il a appelé à une enquête indépendante et a déclaré que les responsables de ce « crime horrible » devraient être tenus pour responsables.

Le ministère des Affaires étrangères de Turquie a qualifié l’attaque de « crime contre l’humanité » et a appelé à une enquête internationale.

« L’attaque, qui visait un centre du district de Tajoura près de Tripoli où des migrants en situation irrégulière se sont réfugiés, a causé la mort de dizaines d’innocents, il s’agit d’un crime contre l’humanité », a déclaré le porte-parole Hami Aksoy dans un communiqué.

« Une enquête internationale doit être lancée immédiatement pour identifier les auteurs », a ajouté Aksoy, appelant à une action immédiate de la communauté internationale.

L’Armée nationale libyenne avait lancé une offensive contre le gouvernement basé à Tripoli en avril. Les forces de Haftar contrôlent une grande partie de l’est et du sud de la Libye, mais la semaine dernière, les milices alliées au gouvernement de Tripoli avaient repris possession de la ville de Gharyan, à environ 100 kilomètres de la capitale, ville stratégique qui avait été une voie d’approvisionnement clé pour l’Armée nationale libyenne.

L’Armée nationale libyenne a annoncé lundi qu’elle avait entamé une campagne aérienne contre les forces rivales à Tripoli après avoir perdu le contrôle de Gharyan. Ses forces comprennent les vestiges de l’armée de Kadhafi ainsi que des combattants tribaux et des islamistes ultra-conservateurs connus sous le nom de salafistes. Ils apparaissent plus comme une armée régulière que leurs adversaires, avec des uniformes et une chaîne de commandement claire.

Les forces de Haftar utilisent des avions de combat MIG fournis par l’Égypte voisine, ainsi que des drones, des hélicoptères d’attaque et des véhicules à l’épreuve des mines.

Oded Berkowitz, un analyste de la sécurité centré sur le conflit libyen, a déclaré que l’Armée nationale libyenne de Haftar pilotait « une poignée d’aéronefs obsolètes en mauvais état ». Il a indiqué que des pièces de rechange d’Égypte avaient été réceptionnées, et peut-être de Russie, ainsi que des avions déclassés des deux pays.

« L’ et les Emirats Arabes Unis ont mené des opérations aériennes pour le compte de l’Armée nationale libyenne, mais rien n’indique que les Emirats aient transféré des avions », a-t-il déclaré.

Les combats à Tripoli menacent de plonger la Libye dans un autre conflit d’une ampleur comparable à celle du conflit de 2011, qui avait renversé le dictateur Muammar Kadhafi et l’avait conduit à la mort.

Haftar avait annoncé être « déterminé à rétablir la stabilité dans ce pays d’Afrique du Nord ». Il est soutenu par l’Égypte, les Émirats arabes Unis et l’Arabie saoudite, tandis que ses rivaux, principalement des conservateurs, sont soutenus par la Turquie et le Qatar.

Sa campagne contre les militants islamistes en Libye depuis 2014 lui avait valu un soutien croissant de la part des dirigeants du monde, qui se disaient inquiets que la Libye se transforme en un refuge pour les groupes armés et une plaque tournante pour les migrants en partance vers l’Europe.

Au moins 6.000 migrants d’Érythrée, d’Éthiopie, de Somalie, du Soudan et d’autres pays sont actuellement enfermés dans des dizaines de centres de détention en Libye, gérés par des milices accusées de torture et autres exactions. La plupart des migrants ont été appréhendés par des gardes-côtes libyens formés et financés par l’Union européenne alors qu’ils tentaient de traverser la mer Méditerranée pour se rendre en Europe.

Les centres de détention disposent de peu de nourriture et d’équipements nécessaires à l’accueil des migrants, qui ont souvent fait des trajets difficiles à la merci de trafiquants abusifs qui les retiennent en échange d’une rançon versée par leur famille.

Le département des Nations Unis pour les réfugiés a déclaré que plus de 3.000 migrants étaient en danger du fait de leur détention dans des centres situés près des lignes de front entre les forces de Haftar et les milices alliées au gouvernement de Tripoli.

La Libye est devenue un point de passage important pour les migrants en Europe après la destitution et l’assassinat de Kadhafi en 2011, lorsque le pays nord-africain a été plongé dans le chaos, suite à l’effondrement du pouvoir central et la prolifération des milices armées.

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