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Les démissions des maires en série: un renouveau au sein de l’AKP ?

OPINION - Istanbul, Ankara, Bursa, Niğde… Plusieurs maires de grandes villes, membres de l’AKP, donnent leurs démissions à la demande du président turc. Bien que le prétexte de ces événements soit encore flou aujourd’hui, quelques explications du président turc mettent toutefois en lumière la cause de ces abandons successifs.

Par Tuğçe Ateş


Les du maire de la municipalité de Bursa Recep Altepe, du maire de la municipalité de Balıkesir Ahmet Edip Uğur, du maire de la municipalité d’Uşak Nurullah Şahan, du maire de la municipalité de Niğde Faruk Akdoğan et du maire de la municipalité de Nevşehir Hasan Ünver ont été effectives ces deux dernières semaines. Il faut dire que le procédé n’a pas été simple pour tous : nous avons pu voir à travers ces séquences, des discours d’adieux émettant des regrets, de la désolation et un attachement fort au président malgré sa décision.

La démission du maire d’ Kadir Topbaş a fait beaucoup de bruit.

Depuis lors, Recep Tayyip Erdoğan avait parlé de la nécessité de renouveler au sein du gouvernement et de son parti , citant des signes de « fatigue du métal » au sein des administrations. Le président turc a ainsi laissé entendre que les récentes démissions faisaient partie des préparatifs du parti avant les élections de 2019 : « J’espère que nous nous préparerons aux élections avec une structure beaucoup plus vivante, plus dynamique et plus forte », a-t-il déclaré lors du retour de son en Pologne.

Dans un contexte ambigu où la purge des membres affiliés au réseau Gülen continue, il était en effet difficile de discerner les véritables raisons de ces désistements à la demande d’Erdoğan.

D’autres paradoxes aussi conduisent à s’interroger sur les démissions imposées tels que des suppositions de détournement de fonds ou des interventions favorisant l’intérêt personnel des .

Dans une panoplie d’interrogations, le leader turc ne se lance pas dans de longs discours légitimant ces actions mais s’exprime sur de brèves phrases :

« Le peuple turc attend un nouvel élan gouvernemental et ses attentes priment sur mon devoir politique. Je n’ai pas le luxe de fermer les yeux à cela. Je prends des risques à procéder aux changements de mes associés politiques. Je refuse fermement qu’on essaye de montrer que ces épreuves sont pour ma part une ambiance de divertissement et un processus anti-démocratique ».

Selon certaines sources, la démission des maires en Turquie est intervenue après qu’Erdoğan ait jugé du faible niveau de soutien manifesté dans les grandes villes turques pour les changements proposés lors de la réforme constitutionnelle en avril 2016. L’interview de Yasin Aktay, un conseiller présidentiel, a appuyé ces propos : « Le moyen de surmonter cette phase de décote était de croire à un changement, encore une fois, avec une nouvelle impulsion, une bonne autocritique et une innovation. Nous avons besoin de nouveaux visages qui parviendront à satisfaire les provinces contre un risque de statu quo et une perte de foi à l’encontre du raisonnement politique », a-t-il déclaré.

De nouveau, les démissions en série pour le mois de novembre sont attendues pour les maires suivants : pour la province d’-Menderes Türel, Gaziantep-Fatma Şahin, -Orhan Fevzi Gümrükçüoğlu, Ordu- Enver Yılmaz, Uşak- Nurullah Canan, Nevşehir- Hasan Ünver et Afyonkarahisar- Burhanettin Çoban.

Une suite pour les prochains mois ? Peut-être, nous ne connaissons la limite de ces ruptures simultanées de mandats: on retrouve progressivement une nouvelle liste de candidats, affichée au grand public de manière hétérogène. Il est clair que Recep Tayyip Erdoğan n’attendra pas 2019 pour changer les maires, leur départ s’échelonnera au cours de l’année 2017-2018.

Ainsi, Recep Tayyip Erdoğan voit au sein des démissions, un moyen de surmonter une phase de « routine » et de donner un point de départ pour une mobilisation nouvelle. Le plus grand avantage promu par le mouvement AKP, est qu’il soit toujours dirigé par un leader, qui possède un soutien par son succès et son dynamisme. En effet, les grandes innovations et réformes réalisées depuis la fondation du parti lui ont toujours permis d’enchaîner les mandats au plus haut sommet du pouvoir.

L’influence du parti déstabilisé par les affiliations à la fois internes et externes, entraîne chez le leader turc, un désir de se lancer dans de nouvelles stratégies via des fondements politiques basés sur une solidarité nationale à l’épreuve. Bien entendu, il n’est pas question d’une régression rigide du gouvernement AKP sur la scène politique actuelle, mais un état de fragilité étroitement lié à la déstabilisation du pays qui conduit les autorités à opter pour « un nouvel éclat » afin de briser la routine du mouvement politique.

Le président turc fixe le prochain mandat, il n’est pas question de s’arrêter à mi-chemin et affirme plus que jamais, son ambition de reconstruire une nouvelle Turquie, prête à défier tout obstacle qu’il juge gênant, un défi, un pari pour sa conquête tant prédit de 2023.

 

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