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Le décryptage de la question palestinienne du règne ottoman jusqu’à nos jours

DOSSIER / QUESTION PALESTINIENNE - Quels rapports la Turquie entretient-elle aujourd’hui avec l’Etat de Palestine ? Pour répondre à cette question, il convient d’analyser tout d’abord pourquoi la Palestine et plus particulièrement Jérusalem occupent une telle place importante dans le monde, quel rôle l’Empire ottoman a joué dans la protection des terres palestiniennes et comment les prises de position de la République de Turquie ont évolué sur la question palestinienne après le démantèlement de l’Empire ottoman. Décryptage.

Par Öznur Küçüker Sirene


La Palestine est l’une des régions les plus conflictuelles du monde contemporain. Ayant connu de nombreuses guerres et déchirures, la Palestine n’a pourtant pas toujours connu une histoire aussi tumultueuse. Après une longue période de paix et de coexistence pacifique entre différentes communautés religieuses et ethniques durant le règne ottoman, la Palestine est passée sous mandat britannique en devenant au fur et à mesure la scène des pires conflits et injustices.

Jérusalem : la ville « trois fois sainte »

Plus qu’un simple territoire, la Palestine située au Proche-Orient entre la mer Méditerranée et le désert à l’est du Jourdain et au nord du Sinaï, est une région historique où bat le cœur des trois religions monothéistes, le judaïsme, le christianisme et l’Islam, notamment de part le statut spécial de la ville de Jérusalem considérée comme « trois fois sainte » puisqu’elle abrite les lieux les plus sacrés des religions juive, chrétienne et musulmane.

D’après la Bible, c’est Moïse qui guide le peuple hébreu depuis l’ vers la « Terre promise » et le judaïsme se développe en Palestine dès l’époque antique. Tout change lorsque le général romain Titus réprime le soulèvement des de Palestine en 70 contre la domination romaine, ce qui les contraint à se disperser à travers le monde tout en entretenant un lien fort avec leurs territoires d’origine.

Quant à l’importance de la Palestine dans la chrétienté, elle s’explique par la présence du tombeau du Christ, le Saint-Sépulcre, à Jérusalem. La basilique du Saint-Sépulcre est l’église la plus vénérable pour les de toutes les confessions se trouvant à Jérusalem.

La Al Aqsa à Jérusalem

Enfin dans l’Islam, Jérusalem possède également une grande importance en étant considérée comme la troisième ville sainte musulmane avec la Mecque et Médine. La place particulière de la ville s’explique par le « voyage nocturne » du Prophète Mohammed de La Mecque à Jérusalem, suivi de son ascension vers les cieux (al Mi’raj) accompagné par l’ange Gabriel. Par ailleurs, la mosquée Al Aqsa dont le nom signifie « l’oratoire le plus éloigné » est un lieu fort symbolique pour les Musulmans du monde entier, construit sur le mont du Temple qui aurait abrité, selon la tradition juive, le temple de Salomon qui fut détruit en 70 par les Romains.

 Une histoire paisible sous le règne des puissances musulmanes

L’histoire de la Palestine reste étroitement liée à l’Islam, à l’histoire ottomane et par la suite à l’histoire républicaine de la Turquie puisque de sa conquête par les Arabes en 637 à la fin de la Première Guerre mondiale en 1918, la Palestine fut presque exclusivement dominée par des puissances musulmanes y compris l’.

La règne de différentes puissances musulmanes allant des Omeyyades aux Abbasides, des Fatimides aux Seldjoukides n’a connu qu’une seule parenthèse dans l’histoire: la conquête de la «Terre sainte » par les Chrétiens lors de la Première croisade en 1099. Cependant cette victoire ne fut que de courte durée devant la gloire de Saladin en 1187.

La Palestine à l’époque ottomane

Du XVIème au début du XXème siècle, Jérusalem passe sous domination ottomane. Durant cette longue période de quatre siècles qui commence par la conquête de la Palestine en 1516 par le sultan Selim I, la Palestine intégrée dans l’empire Ottoman devient une des provinces arabes de l’Empire ottoman et connaît au XVIème siècle un essor économique avec des cités et lieux de culte rénovés, tels que la reconstruction des murs de Jérusalem par Soliman le Magnifique en 1537.

Par ailleurs, la période ottomane était une période d’harmonie entre les Musulmans, les Chrétiens et les Juifs qui entretenaient des relations pacifiques. Les Juifs sont autorisés fuyant les persécutions, notamment d’Espagne, sont autorisés à se réinstaller en Palestine. Un ferman (décret) ottoman émis par le sultan Mehmed III, daté de 1602 illustre l’attitude typique du règne musulman envers les sujets non-musulmans (les dhimmis):

« Que tous les membres de ces communautés [juives et chrétiennes] qui s’acquittent envers moi de l’impôt […] vivent dans la tranquillité d’esprit et vaquent paisiblement à leurs affaires, que personne ne les en empêche ou porte atteinte à leur vie ou à leurs biens, en contravention avec la loi sacrée du Prophète. »

Dans l’histoire ottomane, s’il y a un nom clé pour comprendre le sort réservé à la Palestine au XIXème siècle et dans les périodes qui le succèdent c’est bien le sultan ottoman .

Les débuts du mouvement sioniste sous le règne du sultan ottoman Abdülhamid II 

Le sultan ottoman Abdülhamid II

À la fin des années 1800, le mouvement sioniste a appelé à l’établissement d’un État juif en Palestine. Le sultan Abdülhamid II a pris une série de précautions pour inverser le plan. Cependant, lorsque le sultan fut détrôné et que les Jeunes Turcs prirent le pouvoir, le mouvement a pu se répandre dans la région.

Comme évoqué précédemment, les Juifs se sont répandus dans le monde entier après que les Romains ont brûlé Jérusalem en 70. Ils ont dû supporter le tourment partout où ils ont fui. Depuis ces jours, ils attendaient un sauveur, un messie, qui les rassemblerait sous un seul Etat. Comme l’arrivée de ce messie tant attendu fut retardée, certains idéalistes juifs se sont mobilisés pour fonder un Etat israélien.

Le groupe qui s’est réuni à Bâle, en Suisse, en 1897 a été appelé « sioniste », en référence au mont Sion sur lequel Beit HaMikdash (le Temple de Jérusalem) du Prophète Salomon avait été érigée.

La réclamation de la « terre promise » par les Juifs

Les sionistes ont demandé de l’aide à l’Empire britannique, qui était l’État le plus puissant de l’époque, mais leurs demandes n’ont pas été prises au sérieux. Avec le temps, l’Empire s’est rendu compte que ce mouvement juif gagnait en force et leur a offert des territoires, comme l’Ouganda, la Sibérie et , mais ils n’y ont pas consenti. Ils voulaient à tout prix la Palestine, qui abritait des centaines de milliers d’Arabes, qui étaient les terres promises mentionnées dans la Torah.

Le gouvernement ottoman a pris quelques précautions contre ce mouvement menaçant son intégrité territoriale. En 1871, bien avant que les sionistes n’agissent, les Ottomans ont déclaré que 80% de la Palestine était la propriété de l’Etat. Après la succession du sultan Abdülhamid II, il a renforcé les mesures préventives contre la colonisation juive en Palestine. En 1883, il a restreint l’acquisition de terres palestiniennes et a décidé de prendre le territoire stratégique lui-même.

En 1900, le sultan Abdülhamid II a limité le séjour des Juifs en territoire palestinien à 30 jours. Il a interdit en outre l’acquisition de territoires aux Juifs étrangers dans l’Empire ottoman, y compris la Palestine. Il a été déclaré que l’Empire ottoman n’était pas une zone de peuplement pour les exilés d’Europe.

Le début du sionisme et la persévérance du sultan Abdülhamid II pour conserver les terres palestiniennes

Theodor Herzl, leader du mouvement sioniste

Theodor Herzl, né dans le quartier juif de Budapest, leader du mouvement sioniste, a demandé une audience auprès du sultan Abdülhamid II. Quand cette demande fut refusée, il a offert son offre au sultan par l’intermédiaire de son ami proche, le Polonais Phillip Newlinsky, en mai 1901. Ils ont proposé de payer les dettes étrangères des Ottomans et de faire de la propagande pour le sultan ottoman en Europe en échange des terres palestiniennes à la colonisation juive et le transfert de la gouvernance au peuple juif.

Le sultan a décliné cette offre avec le célèbre dicton:

« Je ne vendrai rien, pas même un pouce de ce territoire parce que ce pays ne m’appartient pas mais appartient à tous les Ottomans. Mon peuple a conquis cet empire en versant pour lui son sang et l’a rendu fertile à la sueur de son front. Nous verserons encore une fois du sang plutôt que de nous le voir arraché. »

Herzl a répété son offre l’année suivante, mais la réponse était la même.

Il est important de noter que le sultan Abdülhamid II ne devrait pas être pris pour un antisémite. Il était connu pour son approche réaliste plutôt qu’émotionnelle des problèmes. Le terme « antisémitisme » n’a pas sa place dans la culture musulmane-turque. Toutes les précautions prises au cours de la période concernaient l’intégrité du pays et ne visaient pas une communauté particulière.

À l’époque, l’Empire ottoman abritait la plus grande population juive du monde, qui vivait librement. Thessalonique, qui faisait alors partie de l’Empire ottoman, était alors la plus grande ville juive du monde.

L’arrivée des Jeunes Turcs et l’exil du sultan Abdülhamid II

Les Jeunes Turcs qui ont détrôné le sultan Abdülhamid II en 1909 ont exilé le sultan à Thessalonique et l’ont emprisonné dans la maison d’un banquier juif appelé Allatini. Tous les territoires appartenant au sultan ont été nationalisés et les Juifs ont été autorisés à s’établir en Palestine par les Jeunes Turcs. Alors qu’ils ont offensé toutes les communautés ottomanes par leurs politiques de turquisation, ils ont côtoyé les Juifs parce qu’ils ont aidé les Jeunes Turcs à s’emparer du pouvoir.

Il y avait beaucoup de Juifs, de Francs-maçons et de Sabbataïstes parmi les Jeunes Turcs. L’un d’entre eux, le banquier juif et franc-maçon Emmanuel Carasso, était un ami du grand vizir Talat Pacha et un membre de la délégation qui a déclaré au sultan Abdülhamid II son détrônement. Carasso, député de Thessalonique, était la personne la plus puissante de son temps et aussi l’organisateur de la migration juive en Palestine. Les Jeunes Turcs ont payé leur dette en aidant Carasso à multiplier sa fortune et en lui permettant de mener à bien un marché noir pendant la Grande Guerre.

Le groupe a passé un accord avec le ministre britannique des Affaires étrangères de l’époque, Arthur Balfour, en 1917. Avec la déclaration Balfour, l’Empire britannique a donné son feu vert à un Etat juif sur les terres palestiniennes. Lorsque l’armée ottomane sous le commandement de Mustafa Kemal fut vaincue en Syrie, la Palestine fut occupée par les Britanniques en 1918.

Il est un principe général que les forces d’occupation ne soient pas autorisées à agir contre la propriété privée: Seules les terres appartenant à l’Etat changent de mains. Par conséquent, les terres appartenant au sultan Abdülhamid et saisies par les Jeunes Turcs ont été prises en charge par les Britanniques. Après l’occupation britannique, la colonisation juive en Palestine a augmenté. Les Juifs aussi ont ainsi pu acheter des terres. Les Arabes ont été contraints de vendre leurs terres car ils étaient économiquement sous pression et désavantagés.

Temps difficiles

Dans une lettre du Sultan Abdülhamid II, adressée au cheikh Mahmud Abu Shamat, datée du 22 septembre 1913, le sultan Abdülhamid a déclaré:

« J’ai cessé d’être calife à cause de l’oppression et des menaces des Jeunes Turcs. J’ai rejeté cette proposition, j’ai finalement refusé 150 millions de pièces d’or britanniques, et je leur ai dit: « Je ne serais jamais d’accord avec vous même si vous offrez non seulement 150 millions d’or britannique mais tout l’or du monde entier. J’ai servi la communauté musulmane pendant plus de 30 ans, je n’ai pas laissé tomber mes pères. » Suite à ma réponse finale, ils ont accepté mon détrônement et m’ont envoyé à Thessalonique. Je prie Allah, je n’ai pas accepté d’établir un nouvel Etat sur les terres palestiniennes de l’Etat ottoman et de la communauté islamique. »

Le début d’une période d’instabilité, de conflits et de guerres pour la Palestine

En 1947, plus de la moitié de la population en Palestine était juive et une partie importante du territoire leur appartenait. L’étape suivante était l’indépendance. Une bande juive a forcé les Britanniques à évacuer la zone. La décision prise lors d’un référendum était d’établir un État juif et les États-Unis l’ont confirmé en 1948.

Contrairement à la prise de position du sultan Abdülhamid II dans le passé, le gouvernement d’Ankara a été parmi les premiers à accepter cette décision.

Le nouvel Etat a été baptisé sous le nom d’ dont l’empereur était le prophète David. était le nom du prophète Jacob, un patriarche des Israélites. Sur le drapeau israélien, on peut observer l’étoile de David. Un grand nombre d’Arabes ont décidé d’immigrer et de vivre dans des conditions difficiles dans des refuges. Leur terre a été laissée aux Juifs.

Les armées arabes alliées ont été battues contre Israël en 1948, 1967 et 1973. Les Russes étaient du côté des Arabes et un certain nombre d’Etats arabes sont devenus des Etats satellites à la Russie. C’est alors que les prévisions du sultan Abdülhamid ont été louées une fois de plus. Il est resté une figure majeure dans les pays arabes avec son nom mentionné dans les prières du vendredi.

Le conflit israélo-palestinien a mis la région à feu et au sang.

Les relations turco-palestiniennes de nos jours

Erdoğan au Forum économique mondial de Davos

Le président Recep Tayyip Erdoğan affiche une grande sensibilité à la question palestinienne depuis sa prise de pouvoir en Turquie en 2002 en se positionnant souvent en tant que protecteur des Palestiniens.

Son engagement sur la question s’est plus particulièrement concrétisé avec l’affaire médiatique « One minute ». « Une minute », a déclaré le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdoğan, en répétant cette phrase au modérateur du Forum économique mondial de Davos en Suisse en 2009. Alors qu’il continuait à parler, Erdoğan critiquait le président israélien de l’époque, Shimon Peres:

« Monsieur Peres, vous êtes plus âgé que moi. Le son de votre voix est très fort. Je sais que si une voix est aussi forte, cela traduit un sentiment de culpabilité. (…) Quand il s’agit de tuer, vous savez très bien comment faire. Je sais très bien comment vous avez frappé et tué des enfants sur les plages. »

Les relations ont été par la suite tendues avec Israël notamment après le meurtre de neuf activistes turcs par les soldats israéliens à bord du navire Mavi Marmara transportant de l’aide à Gaza en 2010.

Le navire Mavi Marmara

Après six ans de brouille diplomatique, la Turquie et Israël ont officiellement normalisé leurs relations le 19 août 2016 avec la ratification par Parlement turc d’un accord de réconciliation entre les deux anciens alliés régionaux.

Dans un discours prononcé pour appeler les Musulmans à venir en Israël afin de « protéger » la mosquée Al-Aqsa après l’installation de détecteurs de métaux par Israël aux abords du lieu saint, Erdogan a déclaré:

« Nos ancêtres ont agi avec une si grande délicatesse et sensibilité qu’il est impossible de ne pas se rappeler d’eux avec gratitude et regret à la lumière de la cruauté d’aujourd’hui ».

Aujourd’hui le sort de la Palestine et plus particulièrement de Jérusalem semble plus sombre que jamais avec le président américain Donald qui annoncera mercredi 6 décembre qu’il reconnaît Jérusalem comme la capitale d’Israël.

En réagissant sévèrement à cette décision, le président turc Recep Tayyip Erdoğan a déclaré que « la Turquie pourrait rompre ses relations diplomatiques avec Israël » si les Etats-Unis reconnaissaient Jérusalem comme capitale israélienne par les Etats-Unis. Erdoğan a également appelé les Etats membres de l’Organisation de la Coopération Islamique (OCI) à se rassembler pour montrer une action conjointe et une coordination entre les pays musulmans en déclarant que Jérusalem est « notre ligne rouge ».

« Le mauvais pas [prévu] concernant le statut de Jérusalem sera la cause de l’indignation dans le monde islamique, cela [saperait] les fondements de la paix », a déclaré Erdoğan mercredi 6 décembre, ajoutant que la paix et la sécurité au ne peuvent pas être sacrifiées pour la politique intérieure. Selon le président turc, reconnaître Jérusalem comme la capitale d’Israël ne profiterait qu’aux organisations terroristes.

Le 13 décembre 2017, 48 Etats sur un total de 57 Etats membres à l’Organisation de la Coopération Islamique (OCI) se sont réunis à Istanbul lors d’un sommet extraordinaire face à la décision du président américain Donald Trump de reconnaître Jérusalem comme capitale d’Israël.

Les dirigeants des pays membres de l’OCI ont dénoncé la décision de Washington, en soulignant qu’elle va à l’encontre des résolutions internationales. Donald Trump a signé par cette déclaration son retrait quant à son rôle de médiateur dans la quête d’un règlement de paix entre la Palestine et l’Israël.

Lors du sommet, le président Recep Tayyip Erdoğan, a assuré qu’il ne renoncera jamais à exiger une Palestine souveraine et indépendante. Il a condamné fermement l’initiative américaine, et a réitéré son opposition à l’occupation israélienne.

Le président palestinien Mahmoud Abbas a ajouté qu’il n’y aura pas de paix tant que Jérusalem ne sera pas reconnu capitale de la Palestine. Abbas a également accusé Trump d’avoir offert Jérusalem en cadeau au mouvement sioniste, en violant le droit international et d’avoir pris cette décision de manière unilatérale, sans aucune consultation.

Les dirigeants musulmans ont donc proclamé Jérusalem-Est capitale de l’État de Palestine tout en invitant les autres pays du monde à faire de même.

En s’imposant comme le leader de la question palestinienne, Erdoğan a une fois de plus prouvé au monde les liens forts qu’entretient encore aujourd’hui la Turquie avec la Palestine.

Même si l’avenir de Jérusalem et l’évolution de la situation dans la région restent encore incertains, une chose est sûre pour l’instant comme l’a souligné le vice-Premier ministre Hakan Çavuşoğlu lors de son discours du 14 décembre à la Grande Assemblée nationale de Turquie :  « La Turquie veillera sur Jérusalem comme sur Istanbul ou Ankara ».

 

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2011



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