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L’accord de l’île de Suakin entre la Turquie et le Soudan soulève des inquiétudes en Egypte

TURQUIE / INTERNATIONAL - L’accord récent pour rénover une île soudanaise de la mer Rouge par la Turquie soulève les inquiétudes de l’Egypte en vue des relations tendues entre le Caire et Ankara et Khartoum, selon des experts politiques égyptiens.


Fin décembre, le président turc et son homologue soudanais Omar al-Bashir ont signé un accord permettant à la d’utiliser temporairement l’île soudanaise de Suakin pour le développement de projets d’investissement turcs. 
 
Située dans l’est du Soudan, la ville archéologique de Suakin possède des sites historiques datant de l’époque ottomane. Elle possède également un port principalement utilisé pour transporter des marchandises et des passagers vers l’, de l’autre côté de la mer Rouge.

Selon Tarek Fahmy, professeur de sciences politiques égyptien à l’ du Caire : « Tout mouvement sur la mer Rouge pourrait avoir des répercussions sur la nationale égyptienne. Cependant l’Egypte a des capacités militaires massives à la mer Rouge qui peuvent défendre les frontières du pays »

 Fahmy estime que l’accord entre l’île et la Turquie est une action importante, bien que cet engagement ne soit pas si clair et peut être utiliser à d’autres fins non définis. Il souligne également que la région de la mer Rouge est devenue une zone de conflits régionaux et internationaux et demande donc une vigilance accrue. 
 
Des relations tendues entre le Soudan et l’Egypte
 
Les relations entre l’Égypte et le Soudan ont été tendues ces dernières années pour plusieurs raisons. En mai 2017, le président soudanais a accusé l’Egypte d’apporter un soutien militaire aux rebelles armées dans son pays, ce que les dirigeants égyptiens ont fermement démenti. 
 
Les deux pays ont également un différend territorial sur la région frontalière de Halayeb et Shalateen, qui sont actuellement sous contrôle égyptien. En effet, l‘île de Suakin est très proche de la région frontalière de Halayeb et Shalateen, donc l’accord insulaire implique également un message de contestation soudanais. De plus, il a été précédé par des remarques soudanaises revendiquant la propriété légitime de Halayeb et Shalateen.

Le Soudan a renouvelé chaque année des plaintes au Conseil de sécurité des Nations Unies sur le cas d’Halayeb et Shalateen, qu’il souhaite régler soit par le dialogue avec l’Egypte soit par l’arbitrage international. En outre, le Soudan et l’Egypte, deux partenaires en aval du Nil, ont des intérêts divergents concernant le barrage géant de construction en Ethiopie, car le Soudan le considère comme très bénéfique alors que l’Egypte considère comme une menace pour sa part annuelle de 55,5 milliards de mètres cubes.

Les experts estiment que le bail de l’île avec la Turquie est un message pour les autres acteurs régionaux, notamment l’Egypte, l’Arabie saoudite et . Le Soudan a réaffirmé qu’il ne faisait partie d’aucune alliance régionale et qu’il n’était pas ouvert à tous les acteurs. D’autre part, les relations de l’Egypte avec la Turquie se sont détériorées à la suite de l’éviction militaire de l’ancien président Mohamed Morsi en juillet 2013 en réponse aux protestations de masse contre son règne d’un an et de son groupe des Frères musulmans.

 Une méfiance du Caire face à la stratégie turque
 
Ainsi, l’accord destiné à ouvrir la voie à une présence militaire turque dans l’île soudanaise, constituerait une menace pour la sécurité nationale égyptienne.
Le président égyptien Abdel-Fattah al-Sisi, qui a dirigé l’éviction de Morsi, accuse la Turquie et le Qatar, de soutenir le terrorisme. Il les soupçonne également d’interférer dans les affaires intérieures égyptiennes en accueillant des membres de la confrérie fuyant l’administration Sisi.
 
« L’accord sur l’île de Suakin est conforme à la stratégie turque d’accroître sa présence en Afrique en général et dans le nord-est du continent en particulier. La conviction des objectifs annoncés de l’accord insulaire, y compris les projets de développement turcs, la restauration archéologique et la renaissance culturelle, visent uniquement à couvrir le véritable objectif de la Turquie d’établir sa présence au sud de l’Egypte », a déclaré Ayman Shabana, directeur adjoint de l’Institut africain de recherche de l’Université du Caire.

Shabana a déclaré que la nouvelle stratégie de la Turquie se dirigeait vers l’Afrique suite aux tentatives échoués à rejoindre l’. Cet accord serait donc une tentative turque d’exercer une pression sur l’Egypte qui contrecarrait l’ambition turque d’avoir les partenaires adéquats comme dirigeants dans les États arabes.

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