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La Turquie et la France : Deux pays et un lien aux multiples facettes

ANALYSE - Malgré le climat qui semble délétère entre les deux pays, la France et la Turquie sont pourtant plus proches qu’il n’y paraît. Red’Action s’est penché sur les liens historiques, culturels et économiques de ces deux grands pays.

Par Cihan Bircan


Les relations franco-turques ne datent pas d’hier. Un allié privilégié de l’Empire ottoman, la occupe encore aujourd’hui une place importante dans la étrangère de la Turquie.

 Un historique politique ancien

 Les relations diplomatiques sont parmi les plus anciennes au monde. En effet, la régente de France envoya une Ambassade auprès de Soliman le Magnifique après la capture de François 1er à Pavie, en 1525. La réponse de Soliman est célèbre et exhorte : « François, roi du pays de France, à prendre courage et à ne pas se laisser abattre. Nuit et jour notre cheval est sellé et notre sabre est ceint ». Les deux souverains concluent un traité d’alliance en 1536.

Le père de Jean-Jacques Rousseau fut horloger du sérail de 1705 à 1711. Il rentra à Genève en 1711 et Jean-Jacques naquit l’année suivante. Mais le passé ottoman de son père inspira Jean-Jacques Rousseau. Son « Contrat Social » était l’une des lectures de chevet de Mustafa Kemal Atatürk : on trouve un exemplaire en français annoté dans sa bibliothèque personnelle à Anıtkabir.

Il y a quatre-vingt-dix ans, avec l’Accord d’Angora, ou l’Accord Franklin-Bouillon, la France était la première puissance de l’Entente à reconnaître le gouvernement de la Grande Assemblée Nationale de Turquie, dirigé par le même Mustafa Kemal ainsi que la validité du Pacte national.

Cet accord signé le 20 octobre 1921 par le ministre des Affaires étrangères du gouvernement de la Grande Assemblée nationale de Turquie Yusuf Kemal et l’envoyé spécial du gouvernement français Henry Franklin-Bouillon, mit fin immédiatement à l’état de guerre entre la France et le gouvernement de la Grande Assemblée nationale de Turquie. Il entérinait la renonciation par la France à la « zone d’influence » de Cilicie qu’elle avait obtenue par le Traité de Sèvres (10 août 1920), conformément aux Accords Sykes-Picot de 1916.

Une économie interdépendante

Sur le plan économique, la France est l’un des partenaires économiques les  plus importants de la Turquie.

Les échanges économiques bilatéraux ont été multipliés par 4 depuis l’Union douanière. Ils avoisinent 12 milliards d’euros en 2011. La France est le 6ème investisseur étranger en Turquie. On ne comptait seulement que 15 entreprises françaises en Turquie en 1985, elles sont plus de 300 aujourd’hui et emploient environ 100 000 personnes.

En 2009, près de 935 000 français sont venus en Turquie. En sens inverse, ce sont près de 200 000 Turcs qui visitent chaque année la France.

Au 31 décembre 2010, 6109 Français expatriés étaient enregistrés dont 4895 à İstanbul et 1214 à Ankara. La communauté française est composée principalement de cadres et d’enseignants. Elle occupe la quatrième place parmi les communautés occidentales.

Des influences culturelles réciproques

Le public français raffole du jeune cinéma turc, notamment les films de Reha Erdem, Semih Kaplanoğlu ou Nuri Bilge Ceylan. Ce dernier a remporté le Grand Prix ex-aequo au Festival de Cannes 2011 pour son Il était une fois en Anatolie ( Zamanlar Anadolu’da) et surtout la palme d’or pour Winter Sleep (Kış Uykusu) en 2014. Par ailleurs, le film franco-turc Mustang de Deniz Gamze Ergüven représenta la France à l’Oscar 2016 du Meilleur film étranger.

4974 mots français ont été adoptés par les Turcs exactement contre 538 de l’anglais, d’après la Fondation pour la langue turque. De pötibör (petit-beurre) à şofben (chauffe-bain) en passant par tentürdiyot (teinture d’iode) et burjuvazi (bourgeoisie). Le français a aussi emprunté au turc à l’image des mots yaourt (yoğurt), janissaire, minaret ou même kiosque (köşk).

A noter que la France et la Turquie se sont donné rendez-vous à l’été 2009 pour une saison culturelle. La Saison de la Turquie a été organisée du 1er juillet 2009 au 31 mars 2010 et a projeté dans toute la France le bouillonnement artistique, culturel et économique de la Turquie moderne.

La diffusion du français est assurée en Turquie par 1500 professeurs turcs et 500 professeurs français. 1000 jeunes Turcs passent chaque année l’équivalent du « baccalauréat ».

Aujourd’hui le dialogue entre les deux pays se concentrent autour d’une convergence d’analyse sur les grands dossiers d’actualité internationale : les deux pays ont mené des concertations régulières sur les questions internationales (crises au Proche et , crise financière, G20, questions climatiques).

Les deux pays continuent également à coopérer activement face au fléau du terrorisme et sont solidaires. Après la participation du Premier ministre turc de l’époque Ahmet Davutoğlu à la marche organisée à contre les de Charlie Hebdo, l’ancien président français François Hollande n’avait pas hésité pas de souligner l’importance de dialoguer avec la Turquie par ces mots : « La Turquie est le pays qui a déployé le plus grand effort pour les ».

L’actuel chef d’Etat français, Emmanuel , souligne également l’importance de maintenir de bonnes relations avec la Turquie : « Je souhaite éviter les ruptures car c’est un partenaire essentiel dans de nombreuses crises que nous affrontons ensemble, je pense au défi migratoire ou à la menace terroriste notamment ».

Même si les médias essaient de prouver le contraire, l’amitié et la coopération franco-turques sont ainsi plus profondes et solides que les apparences.

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