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La défense de Plevna : une histoire légendaire de bravoure et de respect entre adversaires

OPINION - La guerre russo-turque de 1877-1878, appelée la guerre de 93 en Turquie (année 1293 dans le calendrier hégirien) est un des derniers conflits armés de l’Empire ottoman. Il en reste dans l’imaginaire turc, un personnage : le général Gazi Osman Pacha dont le souvenir continu d’être entretenu dans les noms de quartiers, lycées, stades et même une marche militaire.

Par Hugues Vincent


La guerre est un élément essentiel de l’identité humaine. La plupart des Etats actuels se sont constitués au cours de guerres : en la perdant ou en la gagnant.

Le siège ou la bataille de Plevna, un épisode symbolique de la guerre russo-turque de 1877-1878,  reste encore aujourd’hui très présente dans la mémoire collective turque.

Grâce au rayonnement qu’était celui de la langue française à cette époque, on trouve de nombreuses sources écrites en français sur cet épisode de l’histoire, quand bien même la n’y a pas été impliquée.

Cette guerre n’a pas de lien avec le vainqueur, seulement avec l’honneur et le respect. En définitive, n’a pas pu défendre Plevna et l’ a perdu la guerre. Comment expliquer alors une telle révérence envers un perdant ?

Il semble que notre société moderne obsédée par le succès en serait bien incapable. La réponse se trouve dans une certaine conception de la guerre. Les conflits dont nous sommes témoins aujourd’hui paraissent avoir perdu toute forme de morale : combien de civils innocents périssent, combien de sang coule sans raison? 

La trace laissée par Osman Pacha 

Le général héroïque Osman Pacha

Tout d’abord, revenons aux prémices du conflit : Le Tsar décide de voler au secours des afin de les libérer du joug ottoman. La guerre est déclenchée de facto par le passage de l’armée russe par la Roumanie et par son entrée en territoire ottoman.

Lors d’un discours à ses troupes, il déclare : « Après avoir épuisé tous les moyens pacifiques, nous sommes obligés, par l’obstination hautaine de la Porte, de procéder à des actes plus décisifs. »

La majorité du conflit se déroula au-delà de la occidentale. L’événement le plus marquant fut la vigoureuse défense de Plevna par le général Osman Pacha. Attaqué par les forces militaires russo-roumaines, Osman Pacha s’engage dans une résistance héroïque durant cinq mois. Il se replie sur la forteresse de Plevna qu’il transforme en un véritable bastion en faisant construire des tranchées. Malgré sa bravoure légendaire, Osman Pacha finit par capituler.

(Vidéo : La fameuse marche militaire de Plevna décrit l’ du pacha ottoman)

Une violence encadrée

La chose qui vous frappera le plus si vous souhaitez vous documenter sur cette période historique, ce sera le comportement respectueux des soldats entre eux en comparaison avec les guerres modernes qui sont souvent marquées par la haine et le désamour. Il n’est pas question ici d’idéaliser les conflits passés ; il va sans dire que toute guerre est un cadre propice à l’expression de ces sentiments, elle les amplifie même. De plus nous n’avons pour ambition ni d’analyser les causes du conflit, ni la légitimité des parties ; mais bien de montrer le comportement des soldats face à l’ennemi.

Par exemple, nous avons trouvé sous la plume d’un volontaire roumain la description d’une trêve : « Ces hommes, qui, depuis deux mois, échangent, soigneusement terrés, des coups de fusil, se regardent avec curiosité.  Il n’y a dans leurs yeux ni haine ni colère. »

On remarque une volonté de délimiter les zones d’expression de la violence, le but n’étant pas de détruire l’autre mais simplement prouver qui est le plus fort, le plus apte.

Les conflits modernes semblent être beaucoup plus sauvages, désormais ils se jouent depuis le ciel, au cœur des villes et de leur population. Le résultat : la mort d’innombrables innocents et un niveau de destruction jamais atteint.

Le

Les armes modernes ont bouleversé les conflits

Il n’y avait pas à cette époque de moyens comparables à ceux utilisés aujourd’hui. Malgré le développement des armes à feu et des canons, le sabre et l’épée demeuraient répandus. Notons par la même occasion que l’arme à feu est une vraie révolution ; un défi idéologique qui ne put être accepté qu’avec le temps.

Ainsi, un soldat romain déclare que parce qu’elles échappent à la vision humaine, ce sont des balles dont il a le plus peur. Les épées sont un moyen d’une confrontation directe, et donnent au combat une autre dimension. Quant aux armes modernes développées de pair avec la technologie et la science, elles annulent la dimension humaine.

Le respect accordé aux vaincus

Pour conclure, mentionnons un des éléments les plus frappants ayant eu lieu après le dernier assaut lancé par les Russes à Plevna, le 10 décembre 1877.

D’après les mémoires du Roi de Roumanie Carol Ier, Osman Pacha blessé dans les combats capitule finalement le 10 décembre devant le colonel roumain Mihail Cerchez à qui il se voit obligé de rendre son épée. Mais celui-ci la refuse en le conduisant au commandement militaire russe. Osman Pacha donne ainsi son épée au grand-duc Nicolas Nikolaïevitch, généralissime de l’Armée du Danube, qui lui fait part de son admiration pour sa bravoure. 

Osman Pacha reçu par l’Empereur de Alexandre II

Quelques jours après, il est mené devant l’Empereur de Russie Alexandre II avant de partir en résidence surveillée pour Kharkov. L’empereur lui rend son épée en témoignage de son estime pour la défense courageuse du général ottoman.

Avons-nous vu une telle marque d’humanité dans les cadres des conflits depuis la Première Guerre mondiale ?

Il ne fait aucun doute que la bataille de Plevna restera à jamais dans les annales de l’Histoire.

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