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Jusqu’où ira Erdoğan ?

OPINION - Red’Action réagit à la Une du magazine Le Point qualifiant le président Recep Tayyip Erdoğan de « dictateur » alors qu’il a été démocratiquement élu par le peuple turc.

Par Öznur Küçüker Sirene


Rien ne laissait présager qu’il figurera un jour parmi les grands du monde : un jeune tout juste sorti du cœur du peuple, habitant dans un quartier populaire avec une famille modeste, étudiant dans un lycée İmam Hatip, une école religieuse peu appréciée par l’élite de son époque, Erdoğan n’avait que Sa Foi, sa Détermination et sa Volonté comme boussoles pour réussir dans une longue aventure politique qui se dessinait pour lui.

Les débuts de la carrière d’Erdoğan dans la politique en tant que maire d’

La Turquie d’avant Erdoğan

La Turquie de son enfance était loin d’être un modèle de démocratie : une jeune République fondée sur les cendres de l’un des plus grands Empires que le monde n’a jamais connus, l’Empire ottoman, la Turquie vivait mal son expérience démocratique devant les caprices d’une élite dirigeante qui privilégiait constamment ses propres intérêts et les interventions d’une armée obsédée par la protection de la « laïcité ». Une laïcité tellement stricte que dans un pays à grande majorité musulmane, les filles voilées se trouvaient dans l’obligation de partir étudier à l’étranger puisqu’il leur était interdit d’aller à l’université avec leur voile.

Plus rien n’allait : coup d’Etat militaires successifs, fermeture de partis politiques, problèmes écologiques, discriminations ethniques et religieuses et surtout une économie qui boitait. Endettée jusqu’au cou au FMI, la Turquie méritait certainement mieux que l’exploitation de ses richesses par ceux qui se considéraient comme « la crème de la crème » européanisée et peu soucieuse des problèmes d’une couche de la société considérée comme « paysanne et inculte ».

L’ancien Premier ministre Adnan Menderes a été pendu avec deux de ses ministres dans la foulée du coup d’Etat de 1960

Cette situation de la Turquie convenait parfaitement à certaines puissances qui avaient craint la puissance de l’Empire ottoman pendant des siècles : une Turquie endormie et qui ne représentait aucune menace dont les rênes appartenaient à une classe qui défendait leurs intérêts.

Il fallait que la tendance s’inverse. Il fallait que la Turquie devienne un pays « indépendant », soit gérée par son propre peuple dans un système démocratique qui n’est contrôlé ni par l’armée ni par les puissances étrangères. Il fallait sauver la Turquie du joug du FMI, des diktats des .

Qui aurait pu penser que le jeune Erdoğan était lui-même le tournant de l’histoire turque, la clé de tous les problèmes auxquels faisait face la Turquie ?

Son programme depuis le début du mandat de son parti en 2002, le Parti de la Justice et du Développement () était clair comme le nom de son parti l’indique : plus d’égalité, plus de justice et plus de développement.

Jusqu’où est allé Erdoğan ?

Il fut emprisonné ; son parti a failli être fermé ; il a reçu des menaces d’assassinat ; il a subi une tentative de coup d’Etat contre son gouvernement ; il est vite devenu l’ennemi numéro 1 de nombre de pays étrangers : Erdoğan était certainement la cible.

Mais pourquoi ? Pourquoi dérangeait-il tant ? Car il est allé…trop loin pour beaucoup !

Il est allé au cœur du peuple. Il a écouté et pris en considération ses problèmes et attentes. Les « tigres anatoliens» se sont réveillés. La classe moyenne s’est renforcée. Les disparités régionales, les inégalités sociales ont nettement baissé. Des femmes avec des enfants aux jeunes mariés, des femmes voilées aux agriculteurs vivant des difficultés, des autoentrepreneurs aux retraités, tout le monde a eu des droits et avantages dans la Turquie d’Erdoğan et personne n’a été négligé.

Nombre d’églises ont été restaurées sous le mandat de celui qu’on appelle « l’islamiste » en Europe. Des mégaprojets ont vu le jour : le fameux Marmaray – un tunnel de 13,6 km passant sous le Bosphore-, le tunnel Eurasia – un tunnel routier passant sous le Bosphore-, le nouvel aéroport d’Istanbul -l’un des plus grands aéroports du monde-, la construction du troisième pont du Bosphore -le plus grand pont suspendu ferroviaire du monde -, la ligne de chemin de fer Bakou-Tbilissi-Kars (BTK) étant l’un des plus importants projets de la Route de la Soie ou encore le Kanal Istanbul – une voie maritime artificielle qui reliera la mer Noire à la mer de Marmara- qui est en phase de construction et bien d’autres encore.

L’impressionnant projet de Marmaray

Erdoğan a souhaité toujours plus et encore mieux pour son peuple : le lancement de la première centrale nucléaire en coopération avec la , la conception de la première voiture nationale qui sera entièrement fabriquée dans le pays, la construction du plus grand centre hospitalier d’Europe en faisant de la Turquie une destination incontournable du tourisme de santé et plein d’autres nouveautés ont vu le jour grâce à sa ténacité.

Il a révolutionné le pays avec de profondes réformes économiques. Alors que la Turquie a connu en 2001 la plus grave crise financière de son histoire moderne, en 2017, elle est devenue la première puissance économique du Moyen-Orient devant l’Iran et l’Arabie saoudite, la 7e puissance économique d’Europe et la 13e puissance économique mondiale. Membre du G20, de l’Union douanière, de l’OTAN et candidate à l’Union européenne, la Turquie s’impose aujourd’hui de plus en plus sur la scène internationale tant sur le plan économique que militaire.

Les présidents turc Recep Tayyip Erdoğan et américain Barack Obama durant une rencontre en marge du sommet du G20 à Antalya, en Turquie, le 15 novembre 2015

Erdoğan a transformé la Turquie sur le plan économique tout en renforçant la stabilité et la sécurité du pays par le biais d’une lutte acharnée contre le terrorisme tant à l’intérieur qu’à l’extérieur des frontières du pays. Les opérations militaires « Bouclier de l’Euphrate » et « Rameau d’Olivier » en Syrie ont renforcé la sécurité en Turquie mais aussi en Syrie et en Europe puisque de nombreuses régions syriennes ont été débarrassées des terroristes du / et de Daech. Celui qu’on nomme aujourd’hui « le persécuteur des Kurdes » a obtenu leur confiance en brisant l’influence du PKK dans les régions de l’Est et du Sud-Est, le terrorisme du PKK visant majoritairement la population kurde de la Turquie contrairement à ce qui est transmis dans les médias européens présentant le groupe terroriste comme le porte-parole et défenseur des Kurdes.

Et puis Erdoğan est allé jusqu’à affronter la mort le 15 juillet lorsqu’il a appelé son peuple à défendre « la démocratie » sur son FaceTime. Il fut ainsi le seul leader au monde qui a pu faire descendre des millions dans la rue avec un seul appel car son peuple croyait, comme toujours, en lui.

Le chef d’Etat turc appelle son peuple à résister face aux putschistes
Le 15 juillet la démocratie a triomphé en Turquie

Une Turquie qui retrouve sa dignité et puissance à travers le monde

Erdoğan est allé en , en , en Bosnie-Herzégovine, en Serbie, en Inde, en Russie, au Sénégal, au Qatar, en Somalie, en Chine et aux quatre coins du monde pour redorer l’image de la Turquie, renouer de nouveaux liens d’amitié, de coopération et d’alliance avec ces pays.

Erdoğan et son épouse accueillis avec des pétales de roses en Inde

La Turquie a retrouvé sa puissance d’antan dans les Balkans, au Moyen-Orient, en Afrique, en Asie sous les cris de panique des Européens jugeant la situation d’« ambitions néo-ottomanes ».

Or plus qu’un retour au passé, c’était la réconciliation avec ce passé longtemps rejeté : la Turquie était tout aussi seldjoukide qu’ottomane et turque, fière et digne de ses origines, ambitieuse pour l’avenir.

La Turquie a restauré le patrimoine ottoman à chaque coin des Balkans via son agence TIKA (Agence turque de coopération et de développement), a secouru nombre de pauvres et opprimés en Somalie, au Tchad, en Palestine, en Syrie et partout dans le monde via ses agences AFAD (La Direction turque de gestion des catastrophes naturelles et des situations d’urgences) et Kızılay (le Croissant-Rouge turc), a diffusé la langue et la culture turques grâce à ses nombreux centres culturels Yunus Emre.

L’emblématique pont de Mostar construit pendant l’époque ottomane, détruit pendant la guerre de Bosnie et reconstruit sous l’égide de l’UNESCO et de la fondation turque TIKA.
L’aide humanitaire turque atteint aujourd’hui chaque coin du monde

Maîtrisant de mieux en mieux les différents outils de « soft power » comme les séries et films, la Turquie est devenue le nouveau centre d’attraction de sa région. Elle est devenue la destination préférée des touristes iraniens, russes et arabes, un modèle, un leader, un « espoir » pour nombre de pays déboussolés.

« Intégrez-vous, prenez la double nationalité, soyez un acteur des pays où vous vivez », a recommandé Erdoğan aux Turcs vivant en Europe. Il leur a rendu leur fierté.

La Turquie est devenue une réelle puissance.

Erdoğan : plus qu’un président en Turquie, tout un symbole dans le monde face à l’oppression et à un ordre mondial injuste

La grandeur d’Erdoğan s’explique par l’ampleur de son œuvre et de son travail non seulement en Turquie mais aussi dans le monde entier. C’est ainsi lui qui a fait de la Turquie « le pays le plus généreux du monde » en termes d’aides humanitaires et premier pays d’accueil pour les réfugiés syriens alors que les pays développés se sont contentés de leur tourner le dos en signant « un accord sur les migrants » avec celui qu’ils jugent dictateur.

Erdoğan a dit « ONE MINUTE » à l’oppression, aux crimes, aux persécutions dans un monde qui ferme les yeux devant tant de drames humanitaires.

One minute d’Erdoğan au sommet de Davos face à Shimon Pérès « Monsieur Peres, tu es plus âgé que moi, Le son de ta voix est très fort. Je sais que si une voix est aussi forte, cela traduit un sentiment de culpabilité. (…) Quand il s’agit de tuer, vous savez très bien comment faire. Je sais très bien comment vous avez frappé et tué des enfants sur les plages. »

Où étaient /sont les médias français, qui qualifie Erdoğan de dictateur, lorsque l’israélien Netanyahou massacre des Palestiniens, la birmane Aung San Suu Kyi se tait devant les persécutions massives des Rohingyas musulmans, le syrien Assad gaze son peuple, les dirigeants de nombre d’Etats membres de l’Union européenne traitent les réfugiés syriens comme des saletés dont il faut se débarrasser en construisant des murs anti-migrants ou encore la Chine incarcère les Ouïgours en masse ?

Erdoğan a dit : « le monde est plus grand que cinq » dans un système où seuls les 5 membres permanents du Conseil de Sécurité des Nations Unies décident du sort d’environ 200 pays du monde.

Le monde est plus grand que cinq.

Il fut la voix des sans-voix, l’espoir des opprimés, la main tendue vers les pauvres et oubliés de l’Histoire, l’Homme avec un grand cœur qui aime son peuple et tous les peuples du monde.

Celui qui est aujourd’hui présenté comme « le Dictateur » fut sûrement le plus sensible, humain et protecteur des présidents que le Monde n’a jamais connus mais aussi le plus détesté puisqu’il nuit aux intérêts de ceux qui ont perdu leurs privilèges et droit de parole en Turquie.

L’éradication progressive des groupes terroristes tels que le PKK, Daech et FETÖ dans le pays, le boom économique dû à l’une des meilleures performances économiques parmi les pays de l’OCDE depuis plus de 15 ans et pour les 10 années à venir, la stabilité dans le pays ayant augmenté les investissements étrangers sont aujourd’hui les meilleures preuves du succès d’un président hors-norme qui a tout fait pour son peuple mais aussi les autres peuples rejetés du monde.

Jusqu’où ira Erdoğan ?

Erdoğan a un objectif : faire de la Turquie l’une des plus grandes puissances mondiales pour le centenaire de la République en 2023 en doublant la croissance économique du pays.

Un pays capable de produire son propre char, avion, voiture, un pays « indépendant », digne, fier, dynamique, capable de porter sa jeune population encore et toujours plus loin…

A la veille des élections du 24 juin, Erdoğan place sa confiance aux jeunes générations auxquelles il a accordé plus de droits dans le nouveau système présidentiel : « Inspirés par les jeunes, nous avons annoncé nos objectifs pour 2023. Nous avons confié nos visions pour 2053 et 2071 aux jeunes », dit-il.

Ce qui est aujourd’hui certain, que les Européens le veuillent ou non, Erdoğan ira jusqu’au bout de ses rêves et convictions.

Non seulement son propre peuple mais aussi tous les autres peuples du monde qui veulent se sauver d’un ordre mondial basé sur les injustices, inégalités, le silence devant les crimes commis, une démocratie et liberté d’expression à géométrie variable, le soutiennent dans sa voie.

Et Erdoğan mettra Le Point final le 24 juin pour bâtir la « nouvelle Turquie »  ainsi qu’un « nouvel » ordre mondial plus représentatif des réalités du monde.

La haine d’Erdoğan en Europe ne fait qu’augmenter sa cote de popularité en Turquie.

 

***Cet article d’opinion est une réponse au magazine Le Point dont la Une fait polémique : « Le Dictateur : Jusqu’où ira Erdogan ». Le média Red’Action est également accusé de ne pas être « nuancé et impartial » avec la divulgation d’un « commentaire Facebook » de sa présidente (ce qui prouve le niveau du journalisme du Point). Nous tenons à préciser que le média Red’Action est un site d’information libre et indépendant, visant à apporter « un nouveau regard sur la Turquie ». Il n’a AUCUN LIEN avec le gouvernement turc comme insinué dans l’article. Dans un pays comme la France qui défend farouchement la démocratie, la liberté d’expression et de pensée, tout citoyen est libre d’exprimer ses opinions politiques, religieuses ou autres dans le respect de chacun.

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