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Au final, pourquoi est-on islamophobe ?

OPINION - Avec les récentes affaires Mennel et Ramadan (dont on prendra soin de ne pas se prononcer en attendant le déroulé de la procédure), ce sentiment a pris une dimension bien plus médiatique. Beaucoup dénoncent l’islamophobie, mais peu décrivent les raisons de cet acharnement.

Par Cihan Bircan


Le Larousse définit « l’ » comme étant une hostilité à l’égard de l’, des Musulmans. 

Le culte du paraître

Un brin d’explication peut venir de là, du culte du paraître. Il est vrai que la tenue vestimentaire de certain(e)s musulman(e)s est aux antipodes des sociétés vouant un culte au Paraître, aux apparences, à l’esthétique mais également à la nudité si promptement exposée à toutes les sauces, aussi bien à la télévision que dans les publicités, les revues et autres magazines qui envahissent nos kiosques. 

L’Islam constituerait ainsi l’antidote d’une surexposition corporelle sans pour autant qu’elle impose un quelconque code à ceux qui ne le pratiquent pas, fameux argument fallacieux de ses détracteurs. 
 
La laïcité, la République, l’absence de signes religieux ostensibles sont autant de termes (voilés pour le coup) émis par les langues pour déverser indirectement une islamophobie viscérale. 
 
« Nulle contrainte en religion » comme le précise si bien le . Le reste ne saurait être que détournement.
 
Le jeûne du mois du est bien plus respecté à cet égard, car non visible. Cet effort est plutôt bien salué, voire admiré et se rapproche un tant soit peu du Carême chrétien.
 
Et pourtant, comment se fait-il que les sœurs chrétiennes, également voilés, n’essuient pas autant d’attaques pour leur tenue vestimentaire? 

Une coresponsabilité

Un élément de réponse peut être retrouvé dans le contexte social. Il est vrai que les banlieues abritent des populations majoritairement issues du Maghreb (et de l’Afrique francophone plus généralement). A cela, il faut ajouter le contexte d’insécurité et les multiples faits divers en avec les banlieues. Un syllogisme simpliste s’exécute alors. La logique sous corticale et les raccourcis sont légion et il n’est pas étonnant alors qu’on pense que le musulman est ainsi fait, même si de tels comportements sont aux antipodes de ce que prescrit justement cette religion.

 La coresponsabilité vient également des personnes jugeant trop rapidement. En effet, combien d’islamophobes ont étudié sérieusement la seconde religion du pays? Combien connaissent, maîtrisent les fondements de la religion? Combien de personnes savent qu’un musulman ne croyant pas à Jésus n’est pas un musulman?
 
Au final, cette responsabilité est partagée d’une part entre les personnes se disant représenter ethniquement et verbalement une religion sans en appliquer leurs simples bases et celles qui n’hésitent pas à mettre dans le même sac toute une communauté trop souvent pointée du doigt en raison d’ individus n’ayant de près ou de loin aucun rapport avec cette noble religion. Averroes (médecin et philosophe arabe d’origine espagnole) avait bien résumé la problématique : L’ignorance mène à la peur, la peur mène à la haine, et la haine conduit à la violence.
 
Cette violence a de multiples facettes : vols, agression verbale, fausse agression, pression médiatique, coups et blessures, éviction d’une émission TV.
 
Ces tue-le-vivre-ensemble empoisonnent notre quotidien et tentent un clivage sociétal dont les répercussions—si personne ne fait quelque chose— causera du tort à tous. N’a t-on rien appris de la Seconde Guerre Mondiale et du traitement de certaines minorités?

Une presse coupable

La presse doit vendre pour vivre. La peur est populaire et est un excellent argument de vente, adoubée par une démagogie des plus basiques. Mais donner de son âme (au diable pour le coup) pour se faire de l’argent au détriment du bien est en soi une balle que la société se tire dans le pied. En effet, si le peuple boycotte ce genre de presse—ou tout du moins ces unes—il apparait évident que cette dernière changera son fusil d’épaule. La société peut se sauver, pourvu qu’elle le veuille et qu’elle en prenne conscience.

Ne doit-il pas y avoir un doute?

Pourtant, ce ne sont pas les exemples qui manquent à faire comprendre, même aux simples d’esprits à quel point cette religion porte en elle une noblesse des plus rares. Si cette religion était si méprisable, comment peut on expliquer qu’elle est la plus pratiquée au monde? Il y a 1,6 milliards de musulmans dans le monde et 62 % d’entre eux vivent en Asie selon les estimations d’un rapport du Centre de recherche Pew de 2015. Certes, le chiffre ne juge pas de la qualité, mais cela voudrait dire qu’il y aurait autant d’écervelés à travers toute la planète, de l’Outre-Atlantique à l’Indonésie en passant par le Maghreb et le Bosphore?

Comment expliquer qu’autant de célébrités se convertissent contre vents et marées? C’est en se posant les bonnes questions qu’on arrive à trouver des éléments de bonnes réponses.

 L’ amalgame facile

Il suffit de voir les différents profils et la vie antérieure des terroristes pour comprendre à quel point leurs actes sont sans rapport avec une quelconque religion. Mais le mal est fait. Le simple fait qu’ils portent des noms à consonance arabe engendre un amalgame abject, porteur une nouvelle fois de craintes et de violence. Ajouter à cela l’origine ethnique de la population carcérale et le tour sera joué.
Bien évidemment, qui pourrait personnifier cette représentativité, cette pédagogie et l’exemplarité qui manquent dans les médias mainstream? Ce n’est pas qu’il n’y a personne, mais il existe un certain plafond de verre, constaté. Et qui se sent réellement représenté par « l’imam » de Drancy?

L’enjeu du vivre ensemble

Vous l’aurez compris, l’enjeu du vivre ensemble est là. Faire du musulman le coupable idéal à tous les maux (sociaux) sociétaux nous rappelle les heures sombres de notre pays. A quand un « J’accuse » pour dire haut et fort ce qui se trame ici bas? Le Collectif Contre l’Islamophobie en (CCIF) combat effectivement l’aval, mais tant que l’amont n’est pas pris en charge correctement, qu’une pédagogie effective ne se fait pas, les magistrats et autres avocats devront encore travailler.

 La France, souvent exemplaire dans l’accueil, la prise en charge de l’autre, sa générosité voit s’effriter de jour en jour ce qu’elle a de plus grand. 
 
Mais après chaque nuit, même des plus obscures se lève le soleil. Ce dernier paraît éloigné mais il est là.

Nous sommes tous responsables. Tous. Inutile d’aller plus loin.

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