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Existe-t-il encore un monde musulman ?

OPINION - En ce mois sacré de Ramadan basé sur le partage, la solidarité et la fraternité, il n’y a rien de plus naturel que de se demander si les Musulmans de notre époque constituent encore la « Oumma », indépendamment de leur nationalité, de leurs liens sanguins et des pouvoirs politiques qui les gouvernent. Sont-ils des frères comme le prône le Saint Coran ou y a-t-il une déchirure irréversible au sein du monde musulman ?

Par Öznur Küçüker Sirene


« L’exemple des croyants dans leur amour mutuel et leur pitié l’un pour l’autre ressemble à l’exemple d’un corps, si un membre du corps sent la douleur, tout le corps souffre de l’insomnie et de la fièvre », disait le Prophète Mohammed (saw) dans un hadith.

C’est ainsi que les Musulmans qui ressentent la douleur des uns des autres sont aujourd’hui dans un sommeil profond. Ne faut-il peut-être pas attendre de mourir pour connaître l’enfer ? Contrairement aux commandements de l’Islam -et d’ailleurs de toute autre religion monothéiste-, les vices ont pris le dessus dans ce monde : l’argent, le pétrole, le luxe à l’extrême, l’extravagance, l’utilisation des versets coraniques pour le pouvoir, tout est là pour se faire piéger par les plaisirs terrestres et oublier l’essentiel, l’essence même de l’Islam.

Pendant que les pays du Golfe imposent un blocus contre le Qatar tout en renforçant leurs liens avec les et Israël pour « contourner l’influence croissante de la Turquie et de l’Iran dans la région », les gagnants et les pions de l’histoire sont encore une fois les mêmes que ceux pendant la chute de l’.

Pendant que l’argent du pèlerinage est investi dans la « maison la plus chère au monde » et les tableaux de Léonard de Vinci par le prince héritier d’Arabie saoudite, Mohammed ben Salmane, épris de la folie des grandeurs, des milliards de Musulmans doivent attendre jusqu’à la fin de leur vie pour acquérir la somme nécessaire et effectuer leur devoir spirituel.

Pendant que les pays arabes se rivalisent encore pour un oui et pour non sans jamais pouvoir s’unir et agir ensemble, Jérusalem tombe ; des Palestiniens sont massacrés ; des enfants musulmans meurent dans la misère en Afrique.

Mais pire encore, les pays musulmans sont loin de représenter des modèles de civilisation dans le monde du 21e siècle. Ils protestent contre les décisions impérialistes ; ils boycottent les produits des puissances étrangères ; ils manifestent mais encore et toujours ils vivent avec leurs inventions, utilisent leurs voitures, communiquent avec leurs téléphones et ordinateurs…

Dans une religion où le premier ordre est « Lis », nombre de filles ne sont même pas envoyées à l’école ; les recherches scientifiques n’avancent pas ; la religion est réduite à la forme plus qu’au fond qui encourage la réflexion, le progrès et l’adaptation.

Or, l’Islam est une religion bien trop profonde pour être réduite à des pratiques erronées et interprétées selon les intérêts humains. La Foi est un domaine vaste et réservé à ceux dont «  Allah n’a pas scellé les cœurs et les oreilles ».

Voyons-nous encore « avec notre cœur » pour nous rendre compte de l’état du monde ?

Tant de misère, tant de guerres, tant de souffrances nous menacent aujourd’hui. Y a-t-il une issue de secours autre que le retour aux principes de base de l’Islam ?

La Syrie, l’, l’Afghanistan, la Libye, le Yémen, la Palestine et combien d’autres pays musulmans encore sont sous l’hégémonie des tyrans, dévastés, bombardés, exploités, menacés par le terrorisme, délaissés par leurs frères, oubliés de la communauté internationale, sans défense, sans boussoles…Peut-on même encore parler de l’existence de ces pays ? Notre humanité s’est-elle déjà noyée dans l’effusion de sang sur ces terres ?

Des habitants de Hawija en Irak sur le site bombardé par la coalition
Prière mortuaire des enfants Palestiniens tués
Aylan Kurdi, enfant syrien mort lors de la crise des migrants

Et que dire des Tchétchènes, des Ouïgours, des et toutes les autres minorités musulmanes forcées à être assimilées en Russie, en Chine, en Birmanie, en Centrafrique, en et partout à travers le monde ? Torturés, exilés, déportés, forcés à s’assimiler et rejeter leur religion, les plus chanceux qui sont encore en vie essaient de « survivre » pendant que des millions de Musulmans à travers le monde pensent accomplir leurs devoirs religieux à travers les cinq piliers de l’Islam.

La tristesse d’une ouïgoure mariée de force à un Chinois
Les Rohingyas persécutés en Birmanie

A travers toute l’Europe et les Etats-Unis qui s’érigent comme des terres d’accueil, de démocratie, de droits de l’homme, de tolérance et de liberté, l’ est monnaie courante. Des gouvernements et partis politiques dont le programme est basé sur le racisme et l’ naissent le jour. Identifié au terrorisme, décrié par tous les médias et les discours politiques, l’Islam devient de plus en plus la religion du Marginalisé, de l’Egaré. Réprimés et discriminés, les Musulmans essaient en vain de se faire une place dans un monde qui les rejettent.

Ô Musulman, ouvre les yeux ! Retrouve ta fierté, ta dignité, ta grandeur, ta Foi !

Ce n’est pas uniquement en faisant la prière cinq fois par jour ou en jeûnant que tu vas accomplir ton devoir de Musulman. Ton frère souffre ; ton frère n’a plus de maison, pas de pays, pas de . Il meurt en silence ! Et que fais-tu pendant ce temps à part pleurer sur ton sort ?

N’oublie pas que pendant que tu fais tranquillement ta rupture de jeûne, une fille ouïghoure est mariée de force à un Chinois, un enfant Rohingya est persécuté, un Syrien se noie en Méditerranée dans l’espoir d’une meilleure vie ailleurs…

Là où ne règne plus l’épée du Sage, règle la cruauté du Tyran. Lorsque le Califat fut aboli après le démantèlement de l’Empire ottoman ayant régné avec justice et tolérance sur les terres musulmanes pendant des siècles, les grandes puissances ont pu enfin construire un ordre mondial basé sur le sang, l’argent et l’asservissement.

Brisons nos chaînes et réveillons-nous ! Il est encore possible de créer « un  ». « Soyez, ô serviteurs de Dieu, tous frères. Le musulman est le frère du musulman, il ne l’opprime pas, ni ne l’abandonne, il ne lui ment pas, ni ne le méprise », disait l’Envoyé de Dieu (saw).

Est-il maintenant trop tard pour se souvenir de qui nous étions et de quoi nous sommes capables ?

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