FLASH INFO :

Les États-Unis arriveront-ils à regagner la confiance de la Turquie face à Moscou?

ANALYSE - La Russie et la Turquie ont signé un accord pour qu’Ankara achète des missiles S-400 en septembre 2017 tout en maintenant une collaboration cordiale qui s’amplifie depuis entre les deux pays. Pendant ce temps, les États-Unis ne veulent pas voir la Turquie se rapprocher davantage de Moscou et tentent de trouver des solutions bilatérales soutenant mutuellement les intérêts américains et turcs.

Par Tuğçe Ateş


Abandonné par ses alliés de l’OTAN face aux défis sécuritaires, Ankara s’est rapproché de Moscou

La a fait une commande considérable de avant de se faire livrer des prochaines batteries de . La commande d’armes de la Russie étant contraire aux dispositifs de l’OTAN, la Turquie pourrait potentiellement être touchée par les récentes sanctions américaines contre les fabricants d’armes russes. 

Cependant, la Turquie semble être déterminée à poursuivre l’achat de systèmes de antiaérienne S-400 fabriqués en Russie, alors même que les États-Unis font pression sur Ankara pour qu’il renonce à l’accord.

La Turquie fait remarquer que les alliés de l’OTAN n’ont pas fait pression sur la Grèce pour qu’elle abandonne son achat de S-300 l’année précédente, bien que cette transaction ait eu lieu pendant une période beaucoup moins conflictuelle dans les relations occidentales avec la Russie.

« Vous n’avez rien dit à la Grèce mais vous avez dit que vous ne laisseriez pas la Turquie acquérir la S-400 », a déclaré le président turc Recep Tayyip Erdoğan, selon l’agence de presse TASS basée à Moscou.

«Vous avez prétendu que le contact avec la Russie était une erreur. Vous avez également dit que vous pourriez imposer des sanctions. Nous ne serons pas responsables. Nous allons continuer sur la bonne voie sans concessions pour atteindre nos objectifs », a ajouté le président turc.

Les ne veulent en aucun cas perdre leur partenaire turc

Pendant ce temps, les États-Unis ne veulent pas laisser la Turquie se rapprocher davantage de Moscou.

« La situation géographique de la Turquie est au carrefour des deux principaux défis sécuritaires du théâtre syrien : la subversion russe et la menace terroriste de », a déclaré le général Curtis Scaparrotti, commandant en chef du Commandement suprême des forces alliées en Europe (SACEUR).

« Avec l’instabilité au long de sa frontière sud et plus de 3 millions de réfugiés syriens à l’intérieur de ses frontières, la Turquie a été le pays le plus touché par la guerre syrienne, plus que tout autre pays de l’OTAN. Pendant ce temps, la Russie bénéficie de différends politiques entre la Turquie et les alliés de l’OTAN qu’elle peut exploiter pour saper la confiance et l’unité. Conformément à l’orientation de la Stratégie de défense nationale visant à renforcer l’alliance transatlantique, le Commandement des forces des États-Unis en Europe préservera et renforcera les relations entre les États-Unis et la Turquie », a continué le général Scaparrotti.

Selon Scaparrotti, Ankara est un allié stratégique essentiel des États-Unis : « La Turquie est un allié stratégique pour les États-Unis et l’OTAN, un facilitateur éprouvé pour les opérations de combat, et un acteur clé de notre compétition à long terme pour un rapport de force favorable ».

Washington expose de nouvelles questions stratégiques et des solutions bilatérales qui devraient se poursuivre pour soutenir mutuellement les intérêts américains et turcs.

Grâce à des rencontres fréquentes entre les militaires des forces turques et américaines, un partage accru des renseignements a été convenu visant à maintenir une coordination antiterroriste étroite et à un dialogue régulier.

Néanmoins, Moscou ne compte pas se séparer de la Turquie, une alliance que Poutine juge d’accomplie et fructueuse en tant qu’allié régional.

Depuis ce retournement turc vers l’Est, Washington s’alarme de la déroute d’Ankara et tente de ressaisir la seconde armée de l’OTAN en son sein.

Un défi de plus en plus complexe, face à ce changement stratégique majeur, où la Turquie s’est échappée de ses alliés traditionnels. 

Le faible soutien des pays membres de l’OTAN contre la menace sécuritaire qu’endure la Turquie à la frontière turco- syrienne, a poussé logiquement Ankara à se tourner à des alliances dans la région, au détriment de ses alliés occidentaux.

Pendant ce temps, le Commandement des forces des États-Unis en Europe est déterminé à renforcer la confiance entre les États-Unis et la Turquie. Les premières réunions du comité turco-américain ont débuté jeudi à Washington où les deux pays cherchent à résoudre leurs differends.

Que pensez-vous de cet article ?

5



NEWSLETTER

Inscrivez-vous pour suivre toute notre actualité.

RÉAGISSEZ

Poster un Commentaire

Soyez le premier à commenter !

Me notifier des
avatar
wpDiscuz

RÉSEAUX SOCIAUX

  • Red'Action