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Les Etats européens ou l’art de « deux poids, deux mesures »

OPINION - Les Etats membres de l’Union européenne (UE) font encore une fois preuve de partialité devant deux cas similaires se déroulant dans deux pays différents : l’Espagne et la Turquie. Si aujourd’hui l’ex-leader catalan Carles Puigdemont a été arrêté en Allemagne, des marches sont régulièrement organisées dans les plus grandes villes européennes pour « la libération » du leader emprisonné du groupe terroriste PKK, Abdullah Öcalan.

Par Öznur Küçüker Sirene


Deux cas similaires dans deux pays différents…Dans l’un, en Espagne, les Catalans revendiquent leur indépendance à travers des manifestations sans faire recours au terrorisme. Dans l’autre, en , le connu sous le nom du Parti des Travailleurs du Kurdistan et répertorié comme « une organisation terroriste » par la Turquie, l’UE et les Etats-Unis, revendique la fondation d’un Etat indépendant kurde sur les territoires de la Turquie et ce, en menant un conflit armé contre le pays depuis 1984, ayant provoqué la mort de plus de 40.000 personnes dont notamment des civils.

Cependant, les Etats européens ne réagissent pas de la même manière face aux réclamations catalanes et

Depuis le début de la crise catalane, l’UE s’est refusée à reconnaître l’indépendance unilatéralement proclamée par le Parlement de , considérant qu’il s’agissait d’une « affaire intérieure » espagnole. Elle a également jugé que le référendum d’indépendance du 1er octobre n’était « pas légal au regard de la Constitution espagnole ».

Pire encore, visé par un mandat d’arrêt européen, le leader indépendantiste catalan, , s’était réfugié en Belgique à la fin d’octobre pour échapper aux poursuites de la justice espagnole. Cinq mois après avoir fui son pays, l’ex-président indépendantiste catalan , sous le coup d’un mandat d’arrêt européen lancé par l’Espagne, a été arrêté dimanche 25 mars par la police allemande près de la frontière avec le Danemark. Il sera présenté lundi à un juge en Allemagne, a annoncé le parquet. Il risque aujourd’hui trente ans de prison en Espagne, notamment pour avoir organisé le référendum d’autodétermination du 1er octobre malgré son interdiction et « le grave risque d’incidents violents ».

Analysons maintenant la question kurde. Si le PKK est « officiellement » classé « organisation terroriste » par l’UE, depuis quelques années, le groupe terroriste semble avoir les mains libres, pour ainsi agir en toute impunité dans toute l’Europe. Les Etats européens se contredisent, en interdisant les meetings des ministres d’un pays qui a participé à la fondation du Conseil de l’Europe alors qu’ils autorisent un groupe terroriste comme le PKK à planter ses tentes chez eux.

Depuis le début de l’opération Rameau d’Olivier, lancée le 20 janvier par les forces armées turques et l’Armée syrienne libre (), on constate également une véritable escalade de la violence de la part des membres du PKK en Europe, notamment contre les lieux fréquentés par la communauté turque. Si ces attaques ne sont même pas abordées dans les médias occidentaux, le Parlement européen va jusqu’à adopter un projet de résolution « appelant la Turquie à mettre fin à l’opération Rameau d’Olivier ».

Il convient également de rappeler que des membres du Parlement, dont les Français Jean-Luc Mélenchon, José Bové ou Eva Joly, avaient réclamé à l’Union européenne de décriminaliser le PKK, considéré comme terroriste par Ankara et Bruxelles. Cette demande avait eu lieu en 2016, une année noire pour la Turquie en raison de multiples attentats du PKK et de dans le pays, dans un contexte de désolidarisation totale de la part des pays européens.

Alors qu’aujourd’hui le leader catalan Puigdemont risque la prison après son arrestation en Allemagne, les partisans du PKK n’ont aucun mal à distribuer des tracts en plein cœur des villes européennes pour demander la libération de leur leader emprisonné en Turquie, Abdullah . Dans chaque manifestation librement organisée dans les villes européennes, ses posters sont fièrement portés par ses partisans. Pire encore, si le mandat d’arrêt émis par l’Espagne est pris au sérieux par un Etat européen comme l’Allemagne, la République tchèque, un autre pays de l’UE, libère , l’ancien dirigeant du Parti de l’Union Démocratique (PYD) affilié au PKK, contre qui un mandat d’arrêt est émis par la Turquie.

Cette politique de « deux poids, deux mesures » des Etats membres de l’Union européenne prouve une fois de plus que la définition des termes comme « le terrorisme, l’indépendantisme, la » varie d’un pays à l’autre dans le traitement de ces questions.

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