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D’où vient le fanatisme dans le football ?

ANALYSE - Les saisons se suivent et se ressemblent. Chaque année, on déroule le tapis rouge aux joueurs qui poursuivent frénétiquement un ballon en cuir gonflé d’air. Vu de cet angle, cela peut sembler incohérent. Et pourtant. Des millions de spectateurs, des milliers de commentateurs, des centaines de chaînes télévisuels existent de part le monde. Des sommes colossales sont dépensées, que ce soit dans les transferts (avec une certaine tendance à l’escalade), les droits de retranscription, le commerce de produits dérivés. Le football fait certainement vivre de nombreuses personnes, mais à quel prix ? On peut facilement constater une émulsion fulgurante de quidams enivrés par l’envie de voir gagner leur équipe favorite.  Alors, d’où provient ce fanatisme absurde?

Par Cihan Bircan


Le , opium du peuple

Panem et circenses. Du pain et des jeux. C’est par ce biais que le football représente le digne successeur des jeux de cirques qu’on connaissait à l’époque romaine. Le Colisée cède ainsi sa place aux monumentaux stades et les footballeurs, véritables gladiateurs des temps modernes, encensés par le peuple, qui sont là pour livrer bataille.

L’Homme, au final, n’a pas si bien évolué. Il reste le même dans sa façon d’être détourné

« Pour enchaîner les peuples, il faut commencer par les endormir »,comme le disait Marat.

Ajoutons à cela, la baisse inexorable des facultés intellectuelles liées au développement exponentiel des écrans, démontrée aisément dans le dernier livre du neuroscientifique Michel Desmurget, La fabrique du crétin digital, et le tour sera joué. 

Définitivement, nous vivons une époque qui s’obscurcit. Il suffit pour cela de lever la tête et d’observer, un peu comme l’ont fait les quelques gaillards avant la crise des subprimes, sublimement portée sur le grand écran dans le film The Big Short.

Le sentiment de vouloir être important

S’il y a bien une règle qui régit le commun des mortels, il s’agit bien de cela : la volonté de vouloir être important. Selon la pyramide des besoins de Maslow ci-dessous, une fois que l’être humain ait de quoi se nourrir, se couvrir et un toit, il s’oriente indubitablement vers des besoins d’être et non plus d’avoir.

L’Homme, par sa nature, désire s’accomplir personnellement. Une grande majorité bute ainsi devant cet obstacle et ne sait plus quoi faire pour se sentir important si ce n’est être supérieur aux autres. Le succès fulgurant des réseaux sociaux tient en partie de cela à qui sait réfléchir d’un peu plus près. Le selfie aux côtés de personnalités représente ainsi l’exemple typique de cette attirance vers l’importance.

Une équipe de football s’assimile pour certaines personnes à leur identité. Elle représente souvent la ville dans laquelle elles habitent, une habitude de la supporter depuis leur tendre enfance ou l’équipe préférée du papa. Quand cette équipe gagne, c’est la personne qui gagne, du moins c’est ainsi qu’elle se sent. Cette équipe fait ainsi partie de son identité, de sa chair. Léser l’équipe reviendrait à léser le supporter en question. Ainsi, la moindre , le moindre mot déplacé envers celle-ci seront considérés comme une offense personnelle. Il n’est pas étonnant que des personnes réagissent ainsi d’une manière démesurée lorsque la critique est émise, aussi minime soit-elle. La démesure vient très probablement de l’importance qu’on consacre à ce sport. Les hooligans du volleyball se font plutôt rares. La boucle est ainsi bouclée.

Il suffit de voir le comportement des supporters lorsque leur équipe gagne pour en comprendre l’influence. On arbore fièrement les maillots et les couleurs à l’effigie de la team. On chante, on danse et on boit. On chambre même les adversaires, car in fine nous sentons supérieurs à eux. 

L’absurdité induite

L’absurdité réside bien en cela : un supporter de Fenerbahçe insultera volontiers un de Galatasaray et vice-versa. Cela peut virer au pugilat, voire aux drames que l’on connait tous. Quid de l’équipe nationale turque? On peut très bien retrouver ces deux mêmes personnes côte à côte et supporter la même équipe. 

Que ces deux supporters s’insultent pour un ballon rond aurait de quoi faire pâlir nos ancêtres qui se battaient au front (Gallipoli). 

Ainsi, comme le résume si bien Einstein, « il n’existe que deux choses infinies, l’univers et la bêtise humaine, mais pour l’univers, je n’ ai pas la certitude absolue ».

Conclusion

Prendre du recul si ce n’est de la hauteur en ce bas monde semble être l’unique solution pour comprendre l’étendue de la supercherie. Le football, aussi plaisant soit-il, reste l’amusement majeur des masses, à la hauteur des écrans. Le nuit, détruit, voire tue. Si l’on souhaite effectivement être important, s’orienter vers la et la est une réelle alternative, car elle nous ouvre au monde et qui sait, pourra certainement provoquer le déclic tant attendu pour accomplir notre vie et ne pas virer vers un fanatisme des plus mortifères.

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