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La chute de la livre turque ? Entre inquiétude et inquiétudes…

ANALYSE - Tout le monde ne comprend peut-être pas pourquoi la livre turque s’est vu dévaluée de manière drastique depuis 2016. Alors essayons de l’expliquer de manière synthétique à nos lecteurs.

Par Cihat Akdağ


La récession mondiale, principale cause ?

Beaucoup, par ignorance (que Dieu les pardonne), et en Occident, par mesquinerie, accusent Monsieur Erdoğan d’en être le principal responsable. Un peu facile et faux.

Il faut savoir que le dollar américain est la monnaie de réserve du monde ainsi que la monnaie dans laquelle les pays (qui ont un marché financier faible, ce qui veut dire beaucoup de pays) s’endettent. Et la en fait partie.

Une grande partie du commerce mondial s’effectue en dollar américain (achats d’ telles que le pétrole ou le gaz). La baisse du commerce (baisse des matières premières et par conséquent de la demande, cycle inexorable), entraîne la baisse des marchés financiers des pays émergents qui dépendent du commerce . Mais le hic, c’est que ces pays émergents (Brésil, Afrique du Sud, Turquie etc.) se sont endettés en dollars américain. Donc la diminution du volume commercial entraîne moins de dollars américains en circulation. Ainsi, le dollar qui circule moins voit sa valeur augmenter et entraîne la baisse des monnaies nationales (car le taux de change pour les convertir augmente). Et la livre turque n’y échappe pas…

Les banques augmentent leur taux d’emprunt

Le dollar augmente car il devient rare (un comble !), le remboursement de la dette par les pays devient plus difficile, il se fait attendre, et les banques (déjà ruinées) augmentent leurs taux afin de garde du « cash » (c’est-à-dire stocker de l’argent), ce qui augmente encore plus le dollar (il ne circule plus !) et impose une difficulté supplémentaire à ces mêmes pays endettés. La crise de liquidité (manque d’argent, en l’occurrence de dollar sur le marché) semble imminente. Une cause de plus pour la .

Alors comment s’en prémunir ?

Les pays ayant gardé du cash en dollars et qui n’ont pas leur monnaie en DTS (droits de tirages spéciaux), peuvent sauver leur peau en attendant que passe l’orage (l’ogre indien qui se réveille et qui relancera la croissance mondiale ?). Mais difficile d’anticiper le coup quand on n’est pas un mastodonte économique à l’instar de la ou la Russie. Une des solutions pour un maximum de pays mais que je n’affectionne guère, serait une énième impression de planche à billets en dollar américain (afin de libérer du dollar sur les marchés, déjà vu) ou une chute de prix du pétrole. Monsieur Erdoğan a peut être fait le maximum avec la Turquie, notamment en voulant rapatrier son or (220 tonnes) et faire trembler la FED avec un retour au standard or indirect ou direct. Un véritable crime de lèse majesté pour les États-Unis (moins d’or aux États-Unis = un dollar américain plus faible, inimaginable !).

Un challenge pour Erdoğan

Monsieur , conscient du problème (et je ne pense pas que Monsieur en guerre contre son peuple peut en dire autant, lui qui ne prononce jamais le mot interdit « or »), a demandé au peuple turc de changer son or et ses devises étrangères (surtout l’euro, la livre sterling et ses dollars) contre de la livre turque afin que l’État dispose de liquidité.

Espérons que cette crise du dollar en Turquie sera la dernière, Monsieur Erdoğan qui fustige le dollar et l’extériorisation du droit américain, semble plus enclin à emprunter aux Chinois (plus fiables et moins traîtres pour le moment) qui eux se livre à une vraie guerre monétaire contre les États-Unis.

C’est le prix à payer pour ne plus être vassal des Américains et il est lourd, mais pour une juste cause, le peuple turc est prêt à relever le défi. N’en déplaise à certains (toujours les mêmes pour ne pas les citer), les élections en Turquie ne sont-elles pas une preuve ?

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