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Çavuşoğlu : « La France qui a envahi l’Algérie n’a pas de leçon à nous donner »

TURQUIE / FRANCE - Le président français Emmanuel Macron a nuancé jeudi son avertissement concernant l’opération de la Turquie contre les terroristes des Unités de Protection du Peuple (YPG) dans le nord de la Syrie après qu’Ankara les a qualifiés d’insultes.


Macron a averti mercredi la Turquie que l’opération dans la région d’Afrin ne devrait pas devenir une excuse pour envahir la Syrie et a déclaré qu’il voulait qu’Ankara coordonne son action avec ses alliés.

Dans une brève réponse jeudi soulignant la tension entre Ankara et ses alliés de l’OTAN, le ministre des Affaires étrangères Mevlüt Çavuşoğlu a déclaré : « Nous considérons comme des insultes les rappels d’un pays comme la France à propos d’une opération que nous menons en accord avec le droit international ».

« Nous usons de notre droit à la légitime défense, en accord avec les décisions du Conseil de sécurité de l’ONU, et il ne s’agit pas d’une invasion. Il ne faut pas être hypocrite », a-t-il ajouté.

« La France, ni aucun autre pays, ne peut donner de leçons à la Turquie. Ils savent très bien ce qu’est l’objectif de cette opération », a encore déclaré M. Çavuşoğu. « Nous ne sommes pas la France, qui a envahi l’Algérie », a-t-il poursuivi. « Les pays comme la France, sur ces sujets, n’ont pas de leçons à nous donner. »

Mercredi déjà, dans une première réaction aux propos de Macron, le Premier ministre turc, Binali Yıldırım, avait affirmé que l’idée d’une possible « invasion » de la Syrie par la Turquie était « fondamentalement erronée ».

Parlant à Tunis, Macron a nuancé ses remarques précédentes.

« Je note que la réaction du ministre des Affaires étrangères turc signifie sans doute qu’il ne s’agit rien d’autre que de la sécurisation des frontières et que la Turquie n’entend pas aller plus loin que les positions qu’elle occupe aujourd’hui, ni rester durablement dans la région », a-t-il déclaré lors d’une conférence de presse.

L’opération Rameau d’Olivier a été lancée par la Turquie le 20 janvier pour éradiquer le PKK et son affilié, le Parti de l’Union démocratique (PYD) et son aile armée, les YPG, ainsi que les terroristes de Daech d’Afrin dans le nord-ouest de la Syrie.

Selon l’Etat-major général turc, l’opération vise à établir la sécurité et la stabilité le long des frontières de la Turquie et dans la région, ainsi qu’à protéger le peuple syrien contre l’oppression et la cruauté des terroristes.

L’armée a déclaré que la plus grande importance est accordée à ne pas nuire à des civils, tout en respectant l’intégrité territoriale de la Syrie.

L’opération est menée conformément aux droits de la Turquie en vertu du droit international et des résolutions du Conseil de sécurité des Nations Unies, en particulier les résolutions n°1624 (2005), 2170 (2014) et 2178 (2014); et l’article 51 de la Charte de l’ONU sur le droit à la légitime défense, a ajouté Ankara.

La France, comme les Etats-Unis, a fourni des armes et l’entraînement à une milice dirigée par les YPG dans la lutte contre Daech en Syrie, un geste qui a également irrité la Turquie car les YPG sont une extension du PKK.

Le PKK est reconnu comme une organisation terroriste par la Turquie, les États-Unis et l’Union européenne. Le groupe a mené une insurrection de trois décennies dans le sud-est de la Turquie, en grande partie kurde.

L’opération à Afrin – à la frontière des provinces turques de Hatay et de Kilis – était largement attendue à la suite de l’opération Bouclier de l’Euphrate dans le nord de la Syrie, qui a libéré les terroristes de Daech de la frontière turque entre le 24 août 2016 et mars 2017.

Afrin a été une cachette majeure pour le PKK / PYD-YPG depuis juillet 2012 quand le régime d’Assad en Syrie a laissé la ville au groupe terroriste sans se battre.

 

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