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Adile Ayda ou l’histoire d’une femme déterminée

PERSONNALITÉS TURQUES - Avant les campagnes médiatiques et les manifestations pour les droits des femmes organisées aujourd’hui, des figures telles que Marie Curie ou Sema Lagerlöf se sont distinguées. Née le 7 mars 1912 au sein d’une famille tatare, Adile Sadreyevna Maksudova connue en Turquie sous le nom d’Adile Ayda était ce genre de femme : elle est connue pour être la première femme turque diplomate.

Par Hugues Vincent


Lors des ses derniers instants, l’ a vu naître en son sein un mouvement panturquiste, visant à l’union de tous les peuples turcs. Parmi les partisans de cette initiative se trouvaient des Tatars de Kazan dont Sadri Maksudov, père d’Adile. Les Tatars représentaient l’élite au sein des peuples centre-asiatiques et la réussite scolaire était très importante au sein de leur communauté.

Grâce aux voyages de son père, Adile Ayda quitte vite Saint-Pétersbourg, sa ville de , pour Paris et Berlin où elle suit son enseignement élémentaire. Ce ne fut que plus tard qu’elle découvrit la Turquie.

, président de la République de Turquie demanda à Hamdullah Suphi Tanrıöver, fondateur des Foyers turcs, une association turquiste tournée vers la jeunesse, d’inviter Sadri Maksudov à rejoindre la Turquie. Il accepta l’offre et amena sa fille à Istanbul.

Après avoir terminé ses études secondaires au Notre-Dame de Sion, Adile Ayda intègre la faculté de droit d’Ankara que son père avait créée et est diplômée en 1932. La même année, alors qu’elle fait preuve d’une grande facilité dans l’apprentissage des langues, elle est l’une des premières femmes à intégrer le ministère des Affaires étrangères.

Mais à cette période, une femme si décidée ne pouvait rester que l’exception qui confirme la règle. Ainsi, malgré l’incitation du pouvoir kémaliste à donner plus d’importance aux femmes, le ministère de l’époque ne donnait que peu de perspectives d’évolution à ses membres féminins et surtout les empêchaient d’être nommées en poste à l’étranger.

Face à une telle situation Adile Ayda ne pouvait que démissionner et elle trouva un poste de professeur de français au lycée de filles de la capitale avant de commencer à enseigner à la faculté des langues et d’-géographie de l’ d’Ankara.

Cependant, en 1957, avec la levée de l’interdiction pour les femmes diplomates d’être en fonction en dehors de Turquie, elle réintègre le ministère des Affaires étrangères. Elle est d’abord envoyée à Lahaye en tant que représentante de la Turquie auprès d’un organisme des Nations-Unies. Elle prend ensuite ses fonctions à Belgrade et à Rome où elle fut respectivement conseiller diplomatique et directrice-assistante générale des affaires culturelles. Elle devient sénatrice en 1976.

En plus de cette carrière très fournie, Adile Ayda a aussi publié de nombreux ouvrages en et en français parmi lesquels : L’influence de Victor Hugo sur Mallarmé (1953) ; Yahya Kemal, sa pensée et sa vision de l’art (1962) ; Les Étrusques étaient-ils des Turcs ? (1971).

Il est certain qu’en tant que précurseur, Adile Ayda serait fière des quarante-trois femmes ambassadrices qui ont été nommées par le en 2017.

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