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« Le régime d’Assad ne devrait pas jouer avec le feu et éviter une confrontation avec la Turquie! »

TURQUIE / GUERRE EN SYRIE - Ankara a averti le régime syrien de rester à l’écart de toute confrontation avec la Turquie après l’attaque d’un convoi militaire turc par des frappes aériennes du régime.


Un jour après la frappe aérienne d’un convoi militaire turc ayant tué trois civils et blessé 12 autres dans le nord-ouest de la Syrie, le ministre des Affaires étrangères, Mevlüt , a averti mardi le régime syrien de ne prendre aucune mesure téméraire.

« Le régime ne devrait pas jouer avec le feu. Nous ferons tout ce qui est nécessaire pour assurer la sécurité de nos soldats et de nos postes d’observation », a déclaré Çavuşoğlu lors d’une conférence de presse à Ankara, ajoutant : « Nous espérons que cela n’atteindra pas ce stade ».

Le fragile cessez-le-feu régnant dans le nord-ouest de la Syrie, , est arrivé à un stade critique du fait des attaques répétées du régime Bachar el et de la contre des zones résidentielles, qui ont causé la mort de centaines de civils et déplacé près de 400.000 personnes. Poussant les efforts diplomatiques intenses depuis le début pour donner une chance à une solution politique et ainsi prévenir une nouvelle crise humanitaire, Ankara a réitéré son appel au maintien de la stabilité dans la région mais a également averti le régime de s’abstenir de toute forme d’agression contre les troupes turques.

« Nous expliquons au monde que ce type d’attaques ne conduira qu’à un désastre.Idlib occupe une place cruciale dans l’avenir de la Syrie », a déclaré le ministre des Affaires étrangères Mevlüt Çavuşoğlu lors d’une conférence de presse à l’issue de sa rencontre avec la ministre des Affaires étrangères du Salvador, Alexandra Hill, à Ankara.

Un convoi militaire turc se dirigeant vers des points d’observation près de la ville clé de Khan Cheikhoun à Idlib, où les forces du régime Assad luttent avec acharnement contre les groupes d’opposition, a été frappé lundi par les forces du régime appuyées par l’armée russe. Trois civils ont été tués et 12 autres blessés dans l’. Le ministère a fermement condamné l’attaque, estimant qu’elle « violait les accords en vigueur, la coopération et le dialogue avec la Russie » et a souligné que les mesures nécessaires devront être prises pour éviter que de tels incidents ne se reproduisent.

La a établi des postes d’observation dans le cadre des pourparlers d’Astana entre Ankara, Moscou et Téhéran, et soutient la mise en place d’un comité constitutionnel soutenu par les États-Unis en Syrie afin de trouver une solution politique. La compte 12 postes d’observation à Idlib, et l’un des points d’observation se trouve à environ 10 kilomètres au sud de Khan Cheikhoun, dans le district de Morek. Si les combats se développent dans la région, le point d’observation de Morek pourrait ainsi faire face à un siège.

Soulignant que la Turquie n’avait pas l’intention de déplacer son 9ème point d’observation dans le sud d’Idlib à une autre position, qui risquerait d’être encerclée par les forces du régime, M. Çavuşoğlu a déclaré qu’Ankara avait maintenu les voies de communication avec Moscou ouvertes, afin de discuter des récents développements.

Malgré huit mois de calme suite à l’accord de Sochi conclu en septembre dernier entre la Turquie et la Russie, le régime d’Assad, soutenu par Moscou, a intensifié ses attaques à partir du 26 avril sous prétexte de lutter contre les terroristes de Hayat Tahrir al Sham (HTS) à Idlib. Depuis, la situation s’est encore aggravée et a coûté la vie à d’innombrables civils. Les zones résidentielles ont été détruites par des attaques aveugles, tandis que de nombreux établissements d’enseignement, de santé et de zones résidentielles se sont effondrés ou sont devenus inutilisables après avoir été la cible de bombes.

Environ 4 millions de civils, dont des centaines de milliers de personnes déplacées par les forces du régime depuis des villes et villages du pays déchiré par la guerre ces dernières années, habitent actuellement dans la zone de désescalade d’Idlib.

Les États-Unis condamnent l’attaque du convoi turc et exhortent le régime syrien à mettre un terme aux attaques d’Idlib.

Les Etats-Unis ont appelé le régime syrien et ses forces alliées lundi soir à mettre immédiatement fin à toutes les hostilités à Idlib, condamnant la frappe aérienne sur le convoi turc.

« Le régime d’Assad et de ses alliés doivent revenir à un cessez-le-feu à Idlib maintenant », a déclaré la porte-parole du département d’Etat américain Morgan Ortagus sur Twitter.

« La frappe aérienne irréfléchie menée aujourd’hui contre un convoi turc fait suite à des attaques sournoises en cours contre des civils, des travailleurs humanitaires et des infrastructures. Nous condamnons cette violence et elle doit cesser ».

Depuis une semaine, les forces du régime avancent vers la ville de Khan Cheikhoun depuis la banlieue de Hama, située dans le sud d’Idlib, et ont investi les collines de Tari et Sukeik, la ville de Hobait et le point de contrôle al-Faqir, considéré comme l’entrée ouest de Khan Cheikhoun. Les troupes du régime sont actuellement arrivées à environ 500 mètres du centre de Khan Cheikhoun, ce qui leur a permis également de couper l’autoroute M-5 entre Alep et Damas.

Au milieu des bombardements intensifs et de l’avancée du régime, l’armée turque a envoyé des renforts à ses neuvième et dixième points d’observation à Khan Cheikhoun. La ville avait été le théâtre d’une attaque chimique le 4 avril 2017, laquelle avait tué 89 personnes. À l’époque, les États-Unis, la Grande-Bretagne et la France avaient pointé du doigt le régime syrien, affirmant que leurs experts avaient découvert que des gaz neurotoxiques avaient été utilisés lors de l’attaque. Quelques jours plus tard, les États-Unis avaient tiré 59 missiles Tomahawk sur la base aérienne de Shayrat, dans le centre de la Syrie, sur ordre du président Donald , affirmant que l’attaque de Khan Cheikhoun avait été lancée à partir de cette base.

Un cessez-le-feu complet est nécessaire pour mettre fin aux tueries à Idlib, déclare Macron

Le président français a appelé lundi à l’application intégrale de l’accord de désescalade de Sochi dans le nord-ouest de la Syrie : « Aujourd’hui, nous sommes très préoccupés par ce qui se passe à Idlib. Aujourd’hui, la population d’Idlib vit sous des bombardements incessants, des civils et des enfants meurent », a déclaré Emmanuel Macron lors d’une conférence de presse lundi à l’occasion d’une réunion avec le président russe Vladimir à Brégançon, en France.

« Je pense que la situation est urgente et qu’il est nécessaire d’appliquer jusqu’au bout le mémorandum sur le cessez-le-feu signé à Sochi », a-t-il ajouté. Six autres civils ont été tués lundi dans une frappe aérienne du régime dans la zone de désescalade, selon l’agence de défense civile des Casques blancs. Trois personnes ont été tuées dans la ville de Maarat Al-Numan et trois autres dans la ville de Hesh, a déclaré à l’agence Anadolu, Mustafa Haj Youssef, directeur des Casques blancs à Idlib.

« Les entretiens avec Poutine porteront sur les crises régionales en Ukraine et en Syrie, ainsi que sur la situation autour de l’accord sur le nucléaire iranien », a déclaré Macron. En ce qui concerne la Syrie, il a souligné la nécessité de poursuivre les initiatives humanitaires « élaborées à Istanbul et à Saint-Pétersbourg ».

Les troupes du régime sont à l’offensive contre les principaux bastions de l’opposition à Hama et Idlib depuis fin avril, avec le soutien des unités aériennes russes.

La campagne de frappes aériennes et de bombardements, qui a duré près de trois mois, a tué plus de 2.000 personnes des deux côtés. La plupart des civils à Idlib ont été tués par le régime et les frappes aériennes russes. De plus, près de 400.000 personnes ont été déplacées. Les ont déclaré que des dizaines de centres de santé et d’écoles avaient été ciblés. La vague de réfugiés d’Idlib vers la frontière turque, déclenchée par les avancées du régime, s’est poursuivie cette semaine alors que des milliers d’autres familles ont quitté leur domicile.

S’adressant à l’agence Anadolu, Mohammed Hallac, président des coordinateurs des interventions en Syrie, a déclaré que Khan Cheikhoun était complètement dévastée par les attaques du régime, qui visaient des zones civiles depuis février. « Huit écoles, trois centres médicaux, un centre de défense civile et trois boulangeries ont été visés par des frappes aériennes du régime et de la Russie », a-t-il déclaré. Hallac a ajouté que la population de Khan Cheikhoun, qui comptait près de 100.000 personnes avant l’offensive, était actuellement réduite à presque zéro.

L’opposition syrienne se retire d’Idlib avec l’avancée du régime

Dans le même temps, des groupes d’opposition ont commencé à se retirer partiellement de la ville de Khan Cheikhoun, dans la province méridionale d’Idlib, et de leur dernier territoire, dans la province voisine de Hama, après l’avancée des troupes du régime dans la région, a déclaré hier l’Observatoire syrien des droits de l’homme et des militants locaux.

Les forces du régime syrien ont pénétré dans Khan Cheikhoun lundi, ville aux mains de l’opposition depuis 2014. Concernant Hama, l’ancrage territorial de l’opposition dans cette province voisine remonte aux premiers jours du conflit, qui dure depuis huit ans.

Khan Cheikhoun a été la cible d’une attaque au gaz sarin en 2017, qui avait alors déclenché des frappes américaines de missiles contre la Syrie.

Une enquête menée par les Nations Unies et l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques (OIAC) a révélé que le régime syrien était responsable de la libération de ce gaz sarin sur la ville le 4 avril 2017, ce que nie Damas.

Les avancées du régime syrien, soutenues par la Russie autour de Khan Cheihkoun, avaient menacé d’encercler les derniers combattants de l’opposition sur leur dernier territoire au nord de Hama, comprenant notamment les villes de Latamneh et de Kafr Zeita.

Les militants de l’opposition ont quitté ces villes, ont déclaré des activistes locaux. Selon l’Observatoire, les combattants de l’opposition syrienne restés dans cette zone s’étaient rassemblés à un poste d’observation turc situé dans la ville de Morek, sur le territoire abandonné par l’opposition.

Le groupe HTS a indiqué hier dans un communiqué que son mouvement était « en redéploiement » et que ses combattants s’étaient retirés dans la partie sud de la ville de Khan Cheikhoun, où ils continueraient de défendre leur territoire.

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